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Cascadeur : Francofolies 2010
Révélation ! Pour ceux qui ont eu la chance d’assister à sa prestation hors du temps, Cascadeur a été LA géniale découverte de ces Francofolies. Etonnant, original, onirique, cet extra-terrestre électro-pop nous a tous transporté.
Il y a foule pour entrer au sein du Théâtre Verdière de La Rochelle. Les places sont chères tant le show est attendu. Dans tous les festivals, il y a un concert à voir, celui dont tout le monde parle. Cette année, aux Francos, c’est certainement, côté nouveauté, celui de Cascadeur.
On ne sait pas grand-chose de lui. Il vient de Metz. A travaillé un moment avec le Chapelier Fou, qui joue juste après lui à La Rochelle, a décroché en 2008 le prix CQFD des Inrocks, aime beaucoup les masques, a fait la 1ère partie de Damien Saez à Paris en mai dernier, est proche des groupes Orwell, Variety Lab et Sharko et sur son Myspace, où l’on peut découvrir quelques-uns de ses titres, on apprend qu’on a pu aussi entendre bientôt sa voix et sa musique dans Nous trois, film de Renaud Bertrand avec Emmanuelle Béart et Jacques Gamblin.
Il arrive sur scène tel un automate, portant une sorte de combinaison de cosmonaute (avec un énorme casque sur lequel est imprimée une ostensible étoile rouge), accompagné d’une jeune femme qui, elle, a un costume de… cascadeur ! Et dont on ne voit pas le visage puisqu’une projection d’un autre visage est affichée sur son masque blanc. Dés les premières notes, l’on comprend que l’on est parti pour un long voyage féerique. Les vidéos en fond nous proposent tour à tour de voguer au sein des étoiles ou de filer entre les arbres d’une grande forêt enneigée. Cascadeur pose sa voix éthérée, qui rappelle de loin celle d’Anthony and the Johnsons sur des nappes de piano qu’il joue lui-même. Ses textes en anglais ne veulent pas vraiment dire grand-chose et c’est le but : se laisser porter par les mots, l’univers, sans s’accrocher à une réalité quelconque.
Sur les côtés de la scène, l’on aperçoit de temps en temps une jeune fille toute de blanc vêtue, portant un masque, qui semble chanter sur les morceaux. La complice de cascadeur lui change son casque spatial pour un masque de Lucha Libre. Et elle quitte la scène avec une lenteur toute onirique. Là, on sent que le show va opérer un virage important. Et tout à coup, l’écran de vidéo s’étend, rendant Cascadeur encore plus petit et irréel. Et les rideaux sur les côtés de la scène s’écartent pour nous laisser voir… Une chorale d’enfants ! Une vingtaine de chaque côté, tous habillés de blancs, portant tous des loups, guidés par un maître de chant masqué et tout de blanc vêtu également.
L’étonnement est à la mesure de la magie du moment. L’on se rend compte alors que l’on ne s’était même pas aperçu de la présence vocale de ses enfants sur les morceaux ! Dés lors, la géniale féerie musicale finit de nous emmener ailleurs. Et pendant la trop courte heure, on se prend à rêver les yeux ouverts d’un autre monde, fortement empreint du monde de l’enfant, qui nous met des étoiles plein la tête. Terminant sur son Bye Bye en laissant la chorale seule sur scène, Cascadeur a provoqué l’émoi et l’enthousiasme à La Rochelle. C’est assez rare qu’une telle découverte ait lieu en festival pour qu’on la souligne !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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