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Cavalera Conspiracy : Hellfest (Clisson), 19 juin 2011
Le premier album et la tournée des frères Cavalera, Max et Iggor, sous la bannière Conspiracy avait mis tout le monde d'accord et on ne songeait même à leur demander s'ils comptaient renouer avec Sepultura dans sa version originale (avec Andreas Kisser et Paulo Jr). Mais après un honnête deuxième album et une performance poussive au Hellfest, on se dit que la réunion devient urgente. Après, il sera probablement trop tard…
Cette année, l'ombre de Sepultura semblait planer sur le Hellfest. Déjà, Apocalyptica avait largement évoqué le groupe brésilien en reprenant “Inquisition Symphony” et “Refuse/Resist”. Même s'ils ont récemment réfuté toute velléité de revenir à ce groupe qui était bien parti pour talonner Metallica et Slayer il y a une quinzaine d'années, les Cavalera Bros y reviendront à trois reprises, avec “Roots Bloody Roots”, “Territory” et, eux aussi, “Refuse/Resist”. On ne dira pas que c'était tout ce qu'il fallait retenir de leur performance, mais pas loin. Le souci semblait essentiellement venir de Max, pas tout à fait un maxi monstre pour l'heure. À l'évidence, il n'était pas dans un grand jour et Gloria, sa compagne et manageuse, le nourrit trop bien. Le fauve déchaîné qui dévastait la scène avait laissé la place à un gros matou qui aurait volontiers fait une bonne sieste. Il est vrai que passer en plein milieu d'après-midi, pour un Brésilien c'est cruel!Techniquement, le reste du groupe faisait plutôt bien son office, mais ils semblaient si habitués à laisser le terrain au patron (Iggor n'étant pas tout à fait au même degré dans la hiérarchie que son grand frère) qu'ils ne savaient guère quoi faire en cas de faiblesse de ce dernier. On en aura la preuve le lendemain au Bataclan, en soirée, où le Max était nettement plus à son affaire.Comme pour Apocalyptica la veille (voir review), on aurait bien aimé qu'ils payent le train à Joe Duplantier (bassiste sur le premier album), pour qu'il mette un peu d'ambiance. Hormis le surpuissant “Warlord” qui ouvrait les hostilités, il fallait en outre bien reconnaître que les rares extraits de Blunt Force Trauma (“Killing Inside” et “Blunt Force Trauma”) faisaient pâle figure à côté des titres du premier album, Inflikted, nettement mieux représenté (“Inflikted”, “Sanctuary”, “Terrorise”, “The Doom Of All Fires”, “Ultra-Violent”, “Black Ark”) et surtout de la trop rapide exécution du “Cockroaches” de Nailbomb. Écarter des missiles comme “Thrasher”, “Gengis Khan” ou “Lynch Mob” n'était pas très judicieux.Après le coup de main sympa donné par la Cavalera “next gen” (Ritchie et Igor), le final sur “Roots…” sauva néanmoins l'affaire. Mais si la foule reprenait le refrain en chœur, c'était comme pour voter massivement pour un retour de Sepultura dans sa seule incarnation possible. Espérons que même l'ami Andreas Kisser, guitariste par qui le scandale est arrivé naguère dans le camp Sepultura et que l'on a récemment vu piger chez Anthrax, entendra ce cri du cœur…
Jean-Pierre Sabouret
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