|
Charlotte Gainsbourg : Francofolies 2010 ( Because music )
La fille du grand Serge est une actrice, une icône de la mode, un être qui semble fragile. Mais elle n’est pas une chanteuse. Pourtant, à force d’envies et d’entrainement, sur scène, l’illusion est parfaite !
On connaissait la Charlotte chanteuse depuis 1986 et le Charlotte For Ever de son papa. Essai réitéré en 2003 sur If, avec Etienne Daho. Mais son filet de voix poudré n’avait pas encore pris toute son ampleur. Il aura fallu attendre que Jarvis Cocker vienne la chercher en 2006 pour 5:55 pour découvrir le riche et sombre univers de la comédienne. Beck ne s’y étant pas trompé, il a endossé sans problème le costume de réalisateur pour permettre à Charlotte, l’an dernier, de s’amuser et de se détendre encore plus en studio avec un IRM profond et touchant.
L’album, c’est une chose. Restait encore à passer l’épreuve du live. Et les premières tentatives de l’artiste furent on ne peut plus bancales, entachées d’un stress physiquement palpable. Quand elle arrive sur la grande scène des Francos, entourée de toute son équipe de musiciens (un batteur, un clavier, une guitariste, un bassiste et un violoniste) on est en droit de se demander à quoi va ressembler le show. D’apparence toujours aussi frêle, la belle est habillée d’un pantalon en cuir, d’un tee-shirt blanc et d’un gilet également en cuir. Sobre et élégant, comme toujours. Son costume de scène habituel. Sans dire un mot, elle enchaine les titres de son nouvel album.
Au fur et à mesure des notes, elle semble alors se détendre doucement. A côté d’elle, la table de mixage et les baguettes avec lesquelles elle joue des percus de temps en temps semblent l’aider à trouver sa place sur la scène. De la place, elle n’en prend pas beaucoup car rare sont ses déplacement à plus d’un mètre de son micro. Mais sa voix, fluette et tremblante dans quelques concerts précédents, a ici énormément gagné en assurance. Elle joue du tambourin, danse, fait voler ses cheveux et une ambiance à la fois douce et électrique commence à se mettre en place.
Au milieu du show, se sentant de plus en plus à l’aise, Charlotte s’assoit sur un tabouret de bar et chante sa reprise de Bob Dylan en acoustique, Just Like A Woman. Exactement le même concert qu’à La Cigale à Paris. L’assurance en plus. Au fur et à mesure, l’on se prend à la comparer à une Patti Smith tant la musique semble lui coller à la peau. Qu’elle chante des titres rock ou plutôt bluesy, elle est en transe et semble ressentir la musique au fond d’elle-même. Passage très attendu des aficionados, la fille reprend un premier titre de son papa, L’Hôtel particulier. Avant de se lâcher, quelques minutes plus tard, sur le brulant Couleur café, repris en chœur par toute l’assistance. C’était l’avant-dernier concert de sa tournée et Charlotte est enfin en train de devenir une chanteuse !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
|