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Clap Your Hands Say Yeah - Live au Trabendo (Paris, février 2006) - V2 ( V2 )
On les entend déjà les blasés de la salle de concert, les accrocs au lynchage estampillé Libération ou Télérama : « mouais, bof, pas mal mais pas bien non plus...». Rien qu'à penser à cette palanquée de Bobos crasseux plus préoccupée par la longueur de leur frange que par les accords s'évadant d'une six cordes en pleurs, j'me sens l'envie de gerber mes deux derniers litres de Lager extra tiède.
Ben ouais, c'est vrai, Clap your Hands Say Yeah, ça sonne too much comme nom pour un groupe, et ouais encore, ça gonfle un peu que Lenoir et Canal nous les revende comme la nouvelle nouvelle révélation incontournable de la semaine. Mais bordel, faudrait avoir de la purée mousseline dans les oreilles pour ne pas se rendre compte qu'on était bien veinard d'être là, debout dans la fosse ce 13 février.Clap... prise 1 : Dr Dog ouvrent la voix, gentiment. A la croisée des chemins entre les Kinks et les Beatles, l'alcoolémie en plus. C'est sympathique, chiadé, propret.Scène 2 : Alec Ounsworth déboule sur scène avec ses potes. Une dégaine... nan pas d'dégaine en fait. Visuellement, on se rapproche du néant, du vide intersidéral, une éloge vivante au style... J'ai pas de style... On est loin des costards impec d'Interpol ou des perfectos ultra small des michetons des Strokes. Alors forcément, face à un chanteur dont le charisme rappelle vaguement celui d'une huître, certains sont déçus. Mais à peine la pédale s'écrase-t-elle sur la grosse caisse qu'on prend conscience de la claque qui nous attend. Les titres de l'album de l'année défilent, la voix déchirée de Ounsworth s'envole. Ca transpire pas d'énergie scénique mais l'émotion est bien là, ces New Yorkais, comme leurs cousins d'Arcade Fire ou de the National savent faire vibrer la corde sensible. Pas de chichi ni de tralala, pas de beuglements éthyliques, les accords sont distillés avec économie, sobriété mais efficacité. Juste une grande leçon mélodique, rien de plus. Skin of my yellow country teeths renverse, Is this love boulverse.Scène 3 : un rappel, parce que c'est la règle à Paris. Il paraît qu'il faut faire plaisir à ces peignes cul de journaleux. Le cirque Barnum se met en branle avec Clap your hands, intro de l'album éponyme. Trop court, frustrant. On s'attend à voir débarquer la femme à Barbe et finalement c'est Neil Young qui ferme le bal. Reprise de helpless. C'est beau.
Damien Morot
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