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Cocoon : Solidays 2011, Paris
Après un succès plus que mérité au mythique festival de Glastonburry sous la pluie drue anglaise, Cocoon revient sur ses terres pour coucher le soleil du premier jour d'été parisien et embraser les Solidays...
A entendre leur pop folk que certains qualifierons de mielleuse, on est en droit de se dire que Cocoon en live est un groupe plan-plan qui embrasse toutes les peluches que leur public bisounours leur envoie, qui fait des bulles de savon en rigolant et qui lit entre deux chansons les poèmes mièvres copié-collé du dernier Ok Podium écrit par leurs fans… Non qu'on se le dise, Cocoon n'est pas mielleux pour un sous. Alors certes, Cocoon est doux, acoustique et pop mais par-dessus tout, Cocoon a un univers musical très fort, des paroles très référencées et surtout Cocoon est un groupe qui déploie l'étendue de son génie en concert. Le duo de Clermont Ferrant arrive sur scène, Mark Daumail est habillé tout en blanc, Morgane Imbeaud, elle, tout en noir, le ying et le yang, ils sont accompagnés de nombreux musiciens dont un trio de cordes, tout semble bien se profiler. "One, Two, Three, Four", Morgane donne (oralement) la mesure pour débuter le concert et introduire Owls. Quelques notes suffisent à faire régner une ambiance agréable, réconfortante et sentir une osmose grandissante note après note. La foule ne se bouscule pas, elle communie, sourit, danse sur place et se laisse happer par la rythmique. Ça tape dans les mains, ça crie, tout le monde fait un peu comme chez lui parce qu'il y a chez Cocoon un partage immédiat, une invitation spontanée que l'on prend sans réfléchir et il n'y a pas à dire chez eux, c'est bien. Pour garder un rythme cohérent et intelligent, le groupe enchaîne morceau pop enjoué puis chanson folk acoustic plus mélancolique ou sombre. Ils ne font pas l'erreur grossière de beaucoup de groupes, en démarrant sur les chapeaux de roue avec les titres qui bougent le plus pour ensuite plomber le tout avec des ballades pesantes et lourdingues que le public est bien obligé de se coltiner s’il veut entendre en fin de set, le single du moment ou le titre phare, gardé au chaud jusqu'à la dernière minute, histoire de garder le public jusqu'au bout. Non, Cocoon ne cherche pas à jouer la montre. Après la mélopée joyeuse de Mother, ils envoient directement et sans concession. On my way, leur premier single et chanson la plus connue du groupe, qui est repris et scandé par un public connaissant les paroles par cœur. Sûrement lassé de l'avoir chanté des centaines de fois, Cocoon se permet de s'autoparodier gentiment en accentuant les fins de phrases et la rendant plus théâtrale. Un des points forts du groupe est justement ce second degré, cette proximité. Ils font des blagues parfois incompréhensibles, façon private jokes, mais on rigole quand même parce qu'on est content de faire partie du groupe. Eux aussi sont contents d'être là tout simplement et de partager ce moment. Ils sont loin d'être ces jeunes groupes blasés faisant leur show sans plus et qui se planquent derrière la barrière de sécurité. Cocoon innove et propose des activités folles, comme faire une chorégraphie nommée "la prise USB arc-en-ciel" sur Super Powers, l'image parle d'elle-même. Les morceaux s'enchaînent naturellement, l'ambiance est très impressionnante et certainement une des plus chaudes et chaleureuses vues depuis le début du festival. En milieu de concert, ils reprennent Hey Ya ! de Outkast en acoustique, une reprise déjà très connue qui fonctionne à merveille, donne une nouvelle couleur musicale et donne envie de réécouter une chanson trop entendue ces dernières années. L'exercice de la cover est casse-gueule, car soit trop proche de l'original ou trop éloigné, Cocoon maîtrise le sujet avec une facilité déconcertante. Après avoir joué tour à tour leur dernier single Comet puis Oh My God et Dolphins, ils s'attaquent à Estelle et son American Boy revu et corrigé par eux. Ils s'approprient le morceau et le refont à la sauce Cocoon. A l'occasion de cette tournée estivale, le groupe vient de sortir une réédition avec justement un deuxième disque uniquement des reprises dont Say my name des Destiny's Child ou Chase the Devil de Max Roméo. Pour terminer en beauté, Marc et Morgane - on peut les appeler par leur prénom parce que depuis le début du concert, c'est devenu un peu nos nouveaux amis - jouent Vultures dans une version entièrement réorchestrée très jazzy, très rythmée et donnant une autre vision d'un des meilleurs titres du premier album My Friends all died in a Plane Crash. A noter que toujours dans cette idée d'humour décalé et de ça-va-on-pète-pas-plus-haut-que-nos-culs, ils insèrent dans le morceau un petit break Grease avec You are the one that I want, comme si de rien n'était, très drôle et très bien mis en place. C'est déjà la fin et le public ne semble jamais rassasié. Ils devront pourtant apprendre à leur dire au revoir sous le son estival de Chupee et donnant un sourire radieux à tout le monde.Cocoon est un des groupes français de folk les plus impressionnants du moment, ils ont une maturité musicale déconcertante pour leur âge (27 et 24 ans), un professionnalisme sur scène pratiquement jamais vu pour un duo n'ayant que deux albums à leur palmarès. Tout le monde sort du chapiteau avec les yeux qui brillent, une banane de douze mètres et une joie communicative qui fait plaisir à voir. Marc a annoncé en avril la séparation momentanée du groupe à la fin de cette tournée pour partir de son côté sur un projet solo différent, c'est vraiment dommage qu'un duo fonctionnant aussi bien prenne ses distances alors que leurs talents respectifs se marient aussi bien. Comme quoi parfois le ying et le yang savent faire bon ménage... Pas mielleux, pas une once d'Hélène Rollès d’Hélène et les garçons en eux, simplement proche, sincère et efficace, Cocoon est le groupe à ne pas manquer lors de sa tournée, histoire de ne pas regretter d'avoir passé un moment magique quand ils ne seront malheureusement plus ensemble. Dicky le canard
Alexandre Blomme
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