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Coeur de Pirate : Printemps de Bourges 2010
Béatrice Martin a clairement provoqué un fol engouement, ces derniers mois, pour sa chanson doucereuse. Officiant sous le nom de Cœur de pirate, la jeune québecoise de seulement vingt ans étonne par son look improbable - de longs cheveux blonds, un visage de poupée et des bras tout tatoués, comme par sa voix, doté d’un timbre à la fois puissant et doux, très nasal et assez cristallin. Déjà récompensée aux Victoires de la musique pour la chanson de l’année avec Comme des enfants, Béatrice a gagné le cœur des français en quelques mois avec son premier opus éponyme.
Sur scène, la toute jeune femme est accompagnée de deux guitaristes, d’un bassiste et d’un batteur. Elle se pose immédiatement derrière son grand piano à queue noir et interprète, coup sur coup, toutes les ballades de son album, Le long du large, Fondu au noir, C’était salement romantique… Pour sa Berceuse, les musiciens s’éclipsent, des rayons de lumières blanche fondent sur elle et, seule au piano, elle interprète avec brio sa douce mélodie. Un immense cœur illuminé apparait alors en fond de scène et le public applaudit à tout rompre. Toujours seule, elle s’attaque au titre Francis, avant de se lever tout d’un coup. Dans sa courte robe bleue, surmontée d’un petit gilet noir, la jeune fille est tout ce qu’il y a de plus charmant. Alors que ses musiciens reviennent, elle explique qu’en l’honneur du Phénix, ils ont décidé de chanter une chanson du groupe français Phoenix, Lasso.
Debout, ce petit cœur de pirate est bien moins à l’aise qu’assise et ses gestes pour haranguer le public, maladroits, sont assez touchants. Mais elle se fait violence et demande à tout le monde de frapper le plus fort possible dans ses mains pour une chanson de circonstance, Printemps. Sur ce, elle se replie bien vite dans son abris naturel, sur son tabouret, devant son piano. Et c’est avec force qu’elle entame les premières notes de Comme un infidèle, son titre en duo avec Julien Doré, que ses fans reprennent immédiatement en chœur. Poussé par la liesse, elle se lève à nouveau et tente, quelques secondes, une furtive apparition en front de scène. Avant de revenir à nouveau au piano pour un tout nouveau titre (qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ses précédents, il faut bien l’avouer), Trace. Une dernière petite ballade, Le corbeau, agrémentée d’un violon et d’un mélodica, avant d’amorcer le moment tant attendu, celui de la dernière chanson, forcément Comme des enfants. Reprise en chœur (et en cœurs, avec les mains) par tour le monde. Un gentil concert qui manquait un peu de présence peut-être…
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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