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Coldplay : Bercy, mardi 9 septembre 2008 ( EMI )
Ce soir, c’est la fête du slip pour Coldplay. Fort de son carton cet été où le groupe a réussi à fourguer quelque 5 millions d’exemplaires de son Viva la vida, la bande de Chris Martin se paye deux shows à la U2. Fumigènes, écran géant, scène aussi grande qu’un court de tennis et papillons multicolores… Rien ne nous sera épargné pour nous en mettre plein la vue. Et la musique là-dedans ?
Premier cadeau pour commencer la soirée, un flyer annonçant que c’est Albert Hammond Jr, qui assura la première partie. En effet, le guitariste des Strokes vient de sortir un nouvel album en solo plutôt très sympathique. Le choix n’est pas con, les chansons très pops et aux harmonies subtiles de « Como Te Llama » ont de quoi caresser les oreilles des fans de Coldplay. Et cela passe comme une lettre à la poste.
Long changement de plateau, il est 21h50. La lumière s’éteint et c’est tout Bercy qui se met à hurler. Sortit quelques mois plus tôt, le quatrième album semble avoir été enregistré pour être joué dans les stades. Et à Bercy, Coldplay semble assumer totalement cette nouvelle direction ainsi que la confrontation inévitable avec un autre groupe habitué des lieux conçus pour les grands rassemblements sportifs, les irlandais de U2. Et durant toute la soirée, il sera difficile de ne pas les comparer.
Premiers points communs, la scène et la quantité d’éclairage. Que Chris Martin ne vienne plus se la raconter au sujet des économies d’énergie et du changement climatique. Il a usé plus d’électricité ce soir que le Bangladesh en une semaine. Et puis, on espère qu’il a pris un abonnement au Gymnase club car vu la surface mise à disposition pour un clavier, une batterie et deux guitares, cela lui laisse pas mal de place à remplir. Mais bon, pas d’inquiétudes à avoir, le garçon sait bouger même si c’est d’une façon assez spéciale, entre le saut carpé et la crise d’urticaire généralisée.
Deuxième point commun, le nombre incroyable de tubes que les deux groupes ont pu accoucher. Mais quand Bono et ses copains préfèrent les jouer en rappel, Coldplay va baisser son froc tout de suite. Premier morceau, premier single : Violet Hill. La première demi-heure sera donc une espèce de best of de Coldplay : Clocks, In my place, Speed of sound arrivent dans l’ordre. Conseil, pointez-vous à l’heure ! Le choix de la set list n’est pas bête, ces chansons étant moins énergiques que celles du dernier album, le concert de ce soir sera donc un long crescendo.
S’il n’y a rien à dire sur le light show, les écrans et tout le côté un peu nouveau riche du spectacle, il faut bien avouer que l’on reste un peu sur sa faim quand il s’agit de parler musique. On ne rêve pas, ce sont bien les mêmes versions que sur les albums. Jonny Buckland semble aussi très limité quant à son jeu de guitare, ne s’écartant pas d’un poil de ce qu’il a enregistré en studio. Tout cela semble bien savonné quand même, mais raccord avec son public à l’attitude pas franchement très rock’n’roll mais aux cheveux si bien peignés.
Arrivent enfin les chansons du dernier album, et là, le contrat est rempli. Elles sont chantées dans l’endroit pour lequel elles ont été composées. Et cela le fait bien. Mention très bien pour Viva la Vida et son hohoho-hoho repris en chœur par le public durant le reste du concert (et ensuite aussi dans la rue, le métro, sous la douche…). Et puis, nous avons aussi le droit à quelques surprises tel ce concert acoustique au fond de la salle au milieu du public ou bien ce lâché de plusieurs dizaines de milliers de papillons en papier sur le titre Lovers in Japan. Pas très écologique, mais joli !
Bref, ce soir Coldplay nous en a mis plein la vue, un concert très coloré et happy, concentré sur une heure et demie et où il se passe toujours quelque chose. Un petit tour de chauffe avant les stades ?
Ah oui encore une chose à l’attention du service d’ordre de Bercy : Il faut se calmer ! Vous avez en face de vous Coldplay et non les supporters du PSG. Pas la peine d’être si agressif et puis franchement, arrêtez de vous la jouer, c’est ridicule.
Set list : Life in technicolor - Violet hill – Clocks - In my place - Speed of sound - Cemeteries of London - Chinese sleep chant 42 - Fix you - Strawberry swing - God put a smile upon your face - Talk - The hardest part - Viva la vida - Lost! - The scientist - Death will never conquer - Politik - Lovers in Japan - Death and all this friends - Yellow
Frédéric Fahy
Frédéric Fahy
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