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De la soul : Elysée Montmartre, dimanche 7 octobre 2007
19h30. C’est un peu tôt pour un concert, non ? En attendant la première partie, DJ Fabe, de la radio Générations égraine les classiques du hip-hop et met doucement l’ambiance. Bien joué, de faire danser le public pour le faire patienter!
20h. Le trio de Colorado Springs arrive sur scène. Ils s’appellent The Procussions et il faut avouer qu’en France, on ne les connaît pas très bien. Mais dés les premières notes, une évidence saute aux yeux : ces trois-là sont des Roots en puissance. Leur groove, mélange de jazz, rock, pop et musique caribéenne, fait swinger le hip-hop avec bonheur. Energie à revendre, grands sourires aux lèvres, flows ultra posés sur des productions originales, The Procussions ont vite fait de se mettre l’assistance dans la poche. Leur première partie, de plus d’une heure, se termine par une ovation qu’en voit rarement dans les salles parisiennes.
Mais il ne faut pas oublier pour qui les fans sont venus. Les papas du rap new-yorkais de DeLaSoul semblent se faire désirer… 22h. Les lumières s’éteignent et voilà le trio tant attendu. Posdnous, Trugoy The Dove et Pasemaster Mase se font accueillir en triomphe, certainement un peu grâce à leurs prédécesseurs… Ils n’ont pas pris une ride. Quelques kilos plutôt. Mais leur embonpoint n’a aucune incidence sur leur joyeuse énergie, toute adolescente. De plus, l’âge aidant, ces pères tranquilles ont fluidifié et construit un flow maitrisé qui accompagne avec perfection des tubes que tout le monde connaît. Apparemment vraiment heureux d’être là, ils enchainent les titres de leurs 7 albums. De Ring, Ring Ring à Me, Myself and I en passant par The Grind Date ou Three, The Magic Number, tous les tubes sont là. Comme bien souvent dans des concerts aussi mythiques, tous les b-boys se mettent à chanter à l’écoute des seuls trois premières notes. Et les morceaux, toujours aussi positifs et efficaces, forcent chaque membre du public à arborer un immense sourire. Ca saute de partout, ça chante à tue-tête et ça ne baisse pas le bras de l’heure et demi de concert.
Seule petite déception : la tchatche. Les rappeurs américains, bien souvent, sont d’incorrigibles bavards. Chauffeurs de salles dans l’âme, ils adorent haranguer les foules pour les faire hurler, reprendre des rythmes en cœur, provoquer l’hystérie, quoi ! Malheureusement, cela se termine aussi souvent par un discours. Pour les Delasoul, le thème, c’est «l’union au sein de la nation hip-hop». Et un bon quart d’heure pour nous expliquer que les filles ne sont pas légères, qu’il faut respecter les gens de toutes les couleurs… Un peu naïf et un quart d’heure en moins de très bon rap, c’est toujours un peu rageant…
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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