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Deftones : Hellfest 2010, Vendredi 18 juin 2010 ( Warner Music )
Le neo-metal est mort quasiment aussi vite qu'il est né. Maintenant Linkin Park fait de la pop, Korn n'intéresse plus grand monde, et Limp Bizkit, bah Limp Bizkit quoi...
Pourtant il y a un groupe de cette génération qui survit, et bien. Les Deftones se retrouvent donc en plein après-midi sur la Main Stage 01 du Hellfest. Un drôle d'horaire, et une drôle de place. En remplacement de dernière minute, les Walls Of Jericho, emmenés par leur rouquine de chanteuse Candace, ont fait se déclencher les circle pits et les nuages de poussière avec leur hardcore, juste à côté, et le passage du groupe de Sacramento 5 minutes après ne semble finalement pas si attendu que ça...
Bien sûr quelques centaines de fans ont fait le déplacement et squattent les premiers rangs pour accueillir l'arrivée sans tambour ni trompettes de leurs protégés. C'est qu'ils rentrent sur scène comme dans un magasin de bricolage un samedi après-midi... Bon le Chino s'est aminci, mais son énergie n'a pas disparu en même temps que ses bourrelets. Il arpente de suite la scène en se juchant sur sa petite estrade sur le devant, essaie d'occuper l'espace et vient chanter sur la barrière, histoire de se faire caresser les cuisses en même temps que le sécu le retient par le pantalon.
On sent une certaine réticence dans le public, plus adepte sans doute de double-pédale et de solos à 56 notes/seconde que de l'ambiance planante des compos du groupe. Et Deftones ne se facilite pas la tâche, en jouant beaucoup (trop ?) de titres de leur nouvel album, « Diamond Eyes », qui si il n'est pas du tout dégueulasse, est encore assez récent, et du coup empiète sur l'avalanche de tubes que certaines devaient attendre. Parce que si l'ambiance est absente sur ces nouveaux titres, elle monte de plusieurs crans de ceintures à clous quand résonnent des titres plus anciens, notamment ceux de l'excellentissime White Pony, comme « Passenger » ou « Elite », sur laquelle le Chino s'égosille.
Y a pas à dire, l'approche de la quarantaine (il a eu 37 ans 2 jours après ce concert) ne semble pas avoir trop d'incidence sur son énergie. Ni sur sa façon de vivre les chansons. Alors qu'il part dans ses vocalises, son visage est en gros plan sur l'écran géant placé entre les deux grandes scènes. Ses yeux sont rivés vers le ciel, ses traits tirés, un ange passe, et boum un riff déboule. Vraiment cette seconde partie de set est plus intéressante, et certains métalleux qui grimaçaient au début sont désormais en train de secouer la tête, comme si ils se rappelaient que c'est sur ces chansons qu'ils sont venus au métal quand ils étaient au lycée, et qu'ils ont pu choper de la gonzesse dans les soirées « on s'habille tous en noir » du samedi soir.
Toujours dans le quart d'heure nostalgique, le public semble se réveiller quelque peu avec les bombes « My Own Summer » sur laquelle Chino surgueule les « shove it, shove it, shove it », ou « Be Quiet & Drive ». La chemise du chanteur est désormais trempée sur chaque centimètre carré, le boulot a été fait, avec un show en deux actes et plus rapide que prévu (presque 10 minutes d'avance avant que le groupe de death metal suédois Hypocrisy ne prenne la relève à côté, quand je vous disais que les Deftones étaient bizarrement placés...).
Le bassiste du groupe, Chi, a beau être toujours dans un état grave après son accident de voiture, la formation continue de tracer sa route,et de faire évoluer sa musique. C'est peut-être ça qui a permis à ce groupe de survivre aux autres adeptes du neo-metal : le talent.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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