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Deftones : Paris, La Boule Noire - 10 mai 2010 ( Warner Music )
Il y a des événements prompts à bouleverser la vie d’un fan. Pensez à Green Day au Trabendo, The Cure dans une petite salle de la Défense ou encore le triplé de Metallica en 2003 avec les fameux concerts de la Boule Noire, du Bataclan et du Trabendo, tout ça en une seule journée…
Des shows promotionnels orchestrés par les maisons de disques pour faire le buzz autour d’un nouvel album et générer un sentiment d’hystérie parmi la frange la plus obsessionnelle du public. Ainsi, une semaine à peine après la sortie de Diamond Eyes, les Deftones étaient invités à faire jumper la Boule Noire pour 300 privilégiés. Un concert à taille humaine pour ceux qui n’espéraient plus voir le quintet dans une salle de cette capacité, même si beaucoup semblaient avoir oublié le Trabendo de 2007. A l’époque, écouter Deftones était quelque peu hasbeen. Aujourd’hui, c’est carrément tendance et, par conséquent, les places se sont arrachées en deux petites minutes seulement. De quoi laisser une ribambelle de fans malchanceux sur le carreau.
Habitué à fouler des scènes de grande capacité, le groupe a donc dû remiser son mur d’amplis et s’est résigné à s’entourer uniquement du matériel indispensable à la prestation. Et quelle prestation ! Venu présenter son sixième album studio, Deftones commence tout logiquement par le véhément “Rocket Skates” et le single “Diamond Eyes”. Le son est implacable, même si Chino fait –c’est une habitude- une entrée vocale d’une incroyable fausseté. On lui pardonne, car l’énergie déployée met rapidement tout le monde d’accord. Loin d’un Zénith ou il nous était apparu complètement stone, le frontman est ici décontracté, en pleine forme (il a perdu 15kg) et étonnamment communicatif. Il harangue la foule et fait jumper les premiers rangs avec une insatiable férocité, allant jusqu’à créer un modeste circle pit dans une Boule Noire au bord de l’implosion.
Stephen Carpenter fait saigner sa nouvelle huit cordes avec frénésie, Franck Delgado impose des nappes de claviers presque industriels (surtout sur “You’ve Seen The Butcher”) et le remplaçant Sergio Vego affiche un groove de dément. Ce qui n’empêchera pas le public de scander « Chi Cheng » à l’unisson, et Chino de rajouter « On pense tous à notre frère Chi ».
Et en ce qui concerne la setlist, on ne peut pas dire que les américains se soient moqués de nous : 21 titres au compteur et 1h40 de best-of. On retiendra les classiques du calibre de “Minerva”, “Around The Fur” et “Back To School”, on aura eu droit à une version surchauffée de “Passenger” et une conclusion évidente anticipée par les ultra-fans avec “7 Words”. Plus qu’un concert privé, un moment d’anthologie qui restera longtemps gravé dans la mémoire de « ceux qui y étaient ».
Mark Renton
Mark Renton
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