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Depeche mode : Bercy, 20 janvier 2010 ( EMI )
Ma petite entreprise ne connaît pas la crise. Depeche mode non plus : 30 ans de carrière, des départs en veux-tu en voilà, des quatuors perdant/perdant (Drogue – Overdoses – Tentative de suicide - Desintox) du chanteur suivi d’une résurrection miraculeuse, mais aussi des passages à vide, des albums mythiques (euh, disons par exemple…Violator ?), d’autres un peu pourri (Song of faith and devotion ?) puis finalement 45 titres classés dans le UK singles charts, 75 millions d’albums vendus et surtout une base de fans ultra hardcore qui se sont justement réunis ce soir à Bercy pour ce dernier concert parisien de la tournée « Tour of the universe ». Qui dit mieux ?
Il faut être honnête, qui aurait parié un retour en grâce de Depeche mode dans les années 90 à part les fans du groupe ? Et pourtant, miracle, le groupe a sorti en 2009 un album épatant, retour aux synthétiseurs vintage des débuts. Résultat, un envoi direct au Stade de France et un retour quelques mois plus tard pour deux Bercy (leur salle fétiche visiblement) ultra-complets.
Et pourquoi un tel engouement soudain pour ce groupe trentenaire? Peut-être la lassitude d’entendre depuis quelques années des petits jeunes sucer à mort la méthode champenoise pétillante du groupe de Basildon ? C’est à cela que l’on pense en écoutant d’une oreille énervé Nitzer ebb, la première partie qui reprend à son compte mais relativement mal les grosses ficelles de New order et de… Depeche mode.
L’autre réponse au succès de Depeche mode, c’est la base de fans qui n’a jamais abandonné leurs héros. Ils sont là ce soir et on ne peut que les remercier d’avoir sauvegarder le désormais trio. Bon, Ok, une bonne partie du public sent bon la crise de la quarantaine, voir la fin de couple comme ce duo hétérosexuel qui passera la soirée à s’engueuler dans la foule dans les premiers rangs ou encore ce gars en débardeur noir qui arbore fièrement sur son bras le même tatouage que Dave Gahan.
Enfin bref, les lumières s’éteignent, les premières notes de « In Chains » extrait du dernier album retentissent et c’est directement tout Bercy qui se lève d’un coup. C’est pas donné à tout le monde. Bon ce soir, les ex-garçons coiffeurs ne vont pas donner dans le subtil. Le groupe attaque directement dès le deuxième titre le single « Wrong » puis passe aux tubes Depeche modesque : « Walking in my shoes », « A question of time », « Policy of truth »… Enchaînant sans complexe une version diabolique à faire siffler les oreilles de « I feel you », puis « Enjoy the silence » et « Never let me down again ». Ben oui, pourquoi s’emmerder avec le dernier album quand on possède l’armée espagnole qui fait exploser les salles de concerts et que surtout que Dave Gahan ne semble n’avoir jamais si bien chanté les chansons de Martin Gore.
Mais Depeche mode sait aussi que les fans de base qui les ont vus une bonne dizaine de fois et qui constituent le gros du public de ce soir ne peuvent pas se contenter de titres maintes fois entendus. On aura droit donc à quelques perles dénichées dans les profondeurs de la discographie du groupe : un « Dressed in Black » chanté presque à cappella par un Martin Gore se prenant un peu pour Céline Dion, un « Stripped » ressuscité ou un « Precious » ultra-vitaminé et viril.
Alors, Bercy 2010, concert parfait ? Pas vraiment quand même. On peut aussi y trouver quelques défauts : des infographies qui n’ont pas la classe habituelle des autres tournées de Depeche mode (quoique parfois drôles comme ces vidéos du trio habillé en cosmonaute…), un laché de ballons un peu ridicule, un Dave Gahan en petite forme physique qui assure le spectacle minimum en restant collé la plupart du temps derrière son micro et se faisant pratiquement voler la vedette par son collègue Martin Gore lorsque ce dernier chante en solo et une attitude assez froide vis-à-vis du public... Hum, cela sent quand même la fatigue de fin de tournée. Mais ce ne sont que des broutilles perdues dans ce concert ultra-efficace, pas tape à l’œil ou tout le public a pris son pied. C’est le principal, non, ?
Set list : In Chains, Wrong, Hole to feed, Walking in my shoes, It’s no good, A question of time, Precious, World in my eyes, Freelove, Home, Come back, Policy of truth, In your room, I feel you, Enjoy the silence, Never let me down again, Dressed in black, Stripped, Behind the wheel, Personal Jesus.
Frédéric Fahy
Frédéric Fahy
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