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Eels : Bataclan (Paris), 4 juillet 2011
Lors d'un passage au Bataclan en formation Eels With Strings, le groupe de Los Angeles avait projeté des films d'animation en première partie. Ce soir, des danseuses de burlesque s'effeuillent et on les comprend, vu la température dans la salle, idéale pour cuire des papillotes.
Puis Jesca Hoop vient pratiquer son folk minaudier et tente une chanson en yaourt français. Elle est heureusement vite remplacée par une horde de sept barbus à lunettes noires, parmi lesquels on repère Mr E, grâce à sa pilosité d'homme des bois. Un extrait de "Marseillaise" en guise d'échauffement et les voilà lancés. Les premiers titres sont envoyés sans pause par un groupe qui joue vite et fort. "Flyswatter", l'ode à la tapette à mouches (sujet trop peu exploité dans la pop) de "Daisies Of The Galaxy" est expédiée, tout comme "Packing Blankets" ou la touchante "My Beloved Monster". On reconnaît la patte de Mr E, spécialiste du dépoussiérage de chansons à chaque tournée, à coups de cuivres, de cordes ou de bon vieux rock brutal, selon l'humeur. Ce soir, on aura droit à un mélange maison, avec une première moitié de concert tout en nerfs, speed, flirts avec un bordel sonore réjouissant et une deuxième moitié plus cool, où le gang des Barbus improvise, se lâche et n'a d'autre prétention que de (nous faire) passer un bon moment. Effet garanti. La set-list semble calibrée pour les festivals, avec une foultitude de singles mémorables allant du bijou mélancolique ("It's A Motherfucker", "Losing Streak"), à la pop irrésistible ("I Like Birds") au rock obsédant ("Soul Jacker, Part 1). On aura même droit à "Novocaine For The Soul" – hit longtemps considéré comme un boulet et massacré sur scène – dans une version quasi fidèle à l'originale. L'eau a coulé sous les ponts depuis l'époque où la carrière des Eels devait s'arrêter à "Novocaine". La chanson est devenue un classique de pop belle à pleurer. Enfin, pas ce soir, vu qu'on a sué toute l'eau de notre corps en dansant sur "Hot Fun In The Summertime" (Sly & The Family Stone) reprise plutôt fidèle avec ses cuivres et ses airs de funk incandescent. Une heure et demie de live et deux rappels et Eels s'éclipse. Ce soir, à l'inverse des tournées passées, il n'y avait pas de concept ou de grande idée directrice. Mais on échange volontiers tous les concepts du monde pour une soirée juste réjouissante, placée sous le signe du plaisir tout con de reprendre en cœur des chansons qu'on adore. Le bonheur, c'est simple comme un coup d'Eels…
Isabelle Chelley
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