|
Emilie Simon : Printemps de Bourges 2010
Emilie Simon est un petit genie...
Quand elle apparait sur scène, vêtue d’une sorte de costume d’arlequin brillant, noir et doré, épaulettes avec des piques et pantalon bouffant, il est clair que c’est à une artiste bien à part que nous avons ici à faire. Dans le groupe d’Emilie, il n’y a pas vraiment d’interactivité. Elle se trouve au milieu, sur une estrade, debout derrière un synthé. Avec, à sa droite, plantée au bout d’un pied, une boite à rythme lumineuses des plus originales qu’elle trifouille sans cesse. Un instrument sorti tout droit de son imagination, très certainement. Tout comme l’autre appareil, qu’elle porte sur l’avant-bras et qui l’aide à vocoder, sampler, jouer avec les boucles de sa voix. A sa droite se trouve un autre clavier, qui se change parfois en guitariste et à sa gauche, c’est son batteur. Mais aucun de ces trois personnages ne se touchera ni ne s’approchera l’un de l’autre de tout le concert.
Ce qui donne, malgré la qualité certaine de la musique jouée, un côté statique qui ne pousse pas vraiment à se déhancher. Si la pop-éléctro d’Emilie Simon est très énergique, elle s’écoute finalement plus assis et le public est bien moins réactif que pour Izia, l’artiste l’ayant précédée sous le chapiteau du Phénix. Il faut dire aussi qu’Emilie enchaine les titres sans vraiment faire appel au millier de personnes qui sont devant elle. Tell une laborantine, elle offre ses sons à écouter mais peu de choses à voir finalement. Les morceaux s’enchainent donc, avec un côté très années quatre-vingt. D’ailleurs, avec sa voix haut perché et son costume de scarabée psychédélique, l’artiste pourrait très bien sortir d’un clip de ces années-là. Une version moderne de Kate Bush…
La majorité des titres sont issus de son dernier album, The Big Machine, plus poppy que les précédents. On ne retrouve que quelques classiques comme Opium, Fleur de saison ou la reprise d’Iggy Pop, en guitare-voix, I Wanna Be Your Dog, issue de son premier opus. Pour le reste, la belle interprète Dreamland, Chinatown ou le très dansant This Is Your World. Si la prestation de plus d’une heure était, sans conteste, de très grande qualité, on peut être un peu déçu par le manque de générosité d’une artiste qui semble, finalement, un peu coincée dans son propre monde.
Set list du concert :
Devil
Dreamland
Opium
Chinatown
The Way I See You
Fleur de saison
Closer
I wanna be your dog
The Cycle
Rainbow
Ballad Rocket
This Is Your World
Adeline Lajoinie
Photo : Daniel Bardou
Lajoinie Adeline
|