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Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra : Zénith de Paris, samedi 19 décembre 2009
Quelques jours avant les fêtes, papa noël a pris de l’avance pour offrir un concert magistral à tous les parisiens fans de musique complètement folle. Le réalisateur serbe et ses 8 musiciens déglingos ont fait souffler un génial vent de folie sur le Zénith.
Attention aux faux amalgames, ceci n’est absolument pas un concert du réalisateur de Chat noir, chat blanc et autres Underground. Si Emir Kusturica prête son nom à un groupe de musiciens azimutés, ce n’est certainement pas pour se mettre en avant. Bien au contraire, il est le plus discret de toute son équipe. Il faut avouer qu’on a ici à faire à de véritables phénomènes. Le chanteur, pour commencer, Nele Karajlić (ou bien Dr Karajlić), arrive sur la scène du Zénith en costume bleu pétard ultra moulant, agrémenté de grandes ailes dans le même tissu, un peu façon batman. Mais même sans ce costume, ce fou furieux ne passerait pas inaperçu tant il chante, crie, saute dans tous les sens.
Après quelques minutes de concert, Dr Nelle saute de la scène en interprète tout un titre en faisant tout le tour du Zénith. Et à la fin du morceau, se trouvant derrière la fosse, il se lance carrément au dessus du public et nage, porté par des centaines de mains. Azimuté on vous dit ! Ses acolytes ne sont pas en reste, pour ce qui est de la folie douce. L’équipe compte 3 guitaristes (dont Emir « Clapton » Kusturica, aussi aux percussions), un chanteur, 6 choristes, un batteur, un violoniste, un accordéoniste, un percussionniste et un joueur de tuba. Le groupe serbe mêle avec frénésie ses rythmes pluriculturels, entre musiques tziganes, country, ou encore de musette, le tout sur une base de rock. Interprétées en anglais, en allemand ou en bosniaque, chaque chanson est une invitation à danser et à jumper partout.
L’interaction avec le public est l’autre force du groupe. Et Nele y est pour beaucoup. Pour un de ces titres, il fait monter une trentaine de fans sur scène, quitte à ce qu’on ne voit plus les musiciens jouer. Pendant deux heures, il ne cesse de faire monter puis descendre des membres du public comme pour cette parodie de Roméo et Juliette avec, forcément, une très jolie et énergique jeune fille. Les solos s’enchainent également sans se ressembler. Alors qu’un ours vient faire coucou sur scène, le violoniste, qui joue souvent presque à genou, fait courrir son violon "archer en bouche" avant que deux nouvelles assistantes remontent sur scène pour soutenir un archer de 2 mètres de long sur lequel le soliste se jette ! Puis c’est au tour de Kusturica de faire crisser sa guitare sur l’archer géant en question. Enfin, le guitariste barbu et ventru nous sort une guitare à diodes qu'il fait tourner façon ZZ-Top sur son ventre quand les lumières de la salle sont totalement éteintes.
Bref, un show de très haute volée portée par des artistes hors pair, qui ont rendu complètement fou un Zénith plein à craquer. A raison…
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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