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Empyr : Bring The Noise festival 2010 ( Sony/BMG )
Affiche éclectique pour ce premier jour du festival Bring The Noise (une émission de Ouï FM), avec le passage d'Empyr entre les punks d'Uncommonmen frommars et les furieux de No One Is Innocent...
Après un début de soirée très froid et mollasson, le Trabendo ne sonne plus vide, et les gens sont encore émoustillés par la fin de concert des Unco, qui s'est déroulée... dans la fosse. Pogos autour du chanteur-guitariste, les kids s'amusent, tandis que les + de 25 ans s'échauffent à l'aide du sponsor de la soirée : une certaine marque de bière avec une teneur en alcool comprise entre 8°5 et 8°7 (et hop, loi évincée). Mais ne jugeant pas l'ambiance assez folle, et même assez « rock », disons-le, l'animateur hôte de la soirée se charge de motiver les foules avec des allocutions d'une intelligence extraordinaire : « Vous bougez pas dans le public, on dirait que vous êtes des pédés ». En voilà un qui a trop écouté Sexion d'Assaut...
C'est donc au tour d'Empyr de monter sur scène donc, et alors que les roadies s'affairent, tout d'un coup, Benoît Poher est sur scène. Comme ça, pouf ! Le chanteur entonne direct « New Day », la chanson qui lorgne du côté neo-metal qui était très présent sur le premier opus du groupe. Un groupe composé de deux Kyo, d'un Vegastar, d'un Pleymo et d'un Watcha, soit une certaine mode musicale dans le paysage rock français au début des années 2000. Leur public a grandi, et s'est vachement féminisé ! Au revoir les kids en baggy qui slamment, bonjour les filles en jupes courtes qui se trémoussent. Et pour se trémousser justement, les nouvelles chansons, tirées de l'album Unicorn, se prêtent parfaitement à l'exercice, notamment « Do It », qui avec sa rythmique clinquante sur les refrains possède tous les attributs d'un tube en puissance.
Mais il faudra encore quelques mois pour le constater, la sortie de l'album ayant été retardée pour la seconde fois. Après novembre puis janvier, voilà qu'il est annoncé en avril. Pas très bon signe en général ça, alors que tous les titres sont en boîte depuis longtemps. Les gens reconnaissent le premier single, « It's Gonna Be », qui a quand même été utilisé dans le trailer de la nouvelle saison de C.S.I. (Les Experts en version française), et découvrent les autres chansons sur le tas. Comme prévu, la cohésion du set en prend un coup, puisque les ambiances sont alternées. On passe de chansons très pop à d'autres qui sont à la limite du plagiat de Deftones, toutefois sans temps morts entre les morceaux. Empyr a su aménager son set pour ne pas l'entrecouper, mais l'ordre des titres est sujet à réflexion. Les morceaux les plus entraînants ont été lâchés dès le début, et alors que l'ambiance commençait à monter, la succession de chansons plus planantes, moins dansantes et même des fois chiantes, a raison de la volonté de la fosse, tombée en léthargie, sauf sur « My Skin Your Skin ».
Pourtant le groupe fait tout comme il faut, en prenant des fois de jolies poses type « je ferme les yeux en mettant les bras en croix » pour les photographes (le chanteur) ou en dansant de façon genre « je suis habité, je vis ma musique à donf t'as vu » (un guitariste), et s'accommode même de l'un des micros repiquant la batterie qui craque de façon dégueulasse. Mais il manque un petit quelque chose. La voix du chanteur déjà, mais aussi une énergie, une propension à prendre le public d'assaut. Chose d'autant plus flagrante une fois le set fou furieux des No One Is Innocent commencé...
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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