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Féloche

Féloche : La Boule Noire, Paris, mercredi 27 Janvier ( Naïve )

Le bayou urbain, comme ça, sur le papier, ça ne fait pas forcément rêver. Et pourtant, sur scène, Féloche et ses comparses nous font immédiatement entrer dans leur nouveau monde musical, onirique et festif à souhait. Un grand moment de bonheur !

« Darwin avait raison, Féloche est un poisson ! » comme dit la chanson. Ou alors c’est un loup tout droit sorti d’un cartoon de Tex Avery. Ou bien encore le petit frère de Jim Carey. En tout cas, ce Félix-Féloche-là a le visage le plus expressif jamais vu sur la tête d’un chanteur. Avec ses yeux grands ouverts sur le monde et son sourire mi-enjôleur mi-angoissant, l’ex-chanteur de punk (au sein du groupe ukrainien V.V.), il a un charisme immédiat et emporte toute l’assistance dans son nouveau style musical : le bayou urbain. La scène est d’ailleurs bel et bien décorée version marécages de la Louisiane, avec ses grosses moumoutes blanches qui pendent des arbres. Et dans le son, c’est sa mandoline électrique qui rappelle le plus les rythmes du bayou et de la musique cajun.

Mais si, sur album, le tout récemment sorti La vie cajun, la poésie l’emporte peut-être sur le reste, en concert, c’est la folle énergie, la douce folie qui saute aux yeux et aux oreilles. Aux côtés de ce lutin bondissant qu’est Féloche, on trouve tous ses acolytes, qui démontrent alors ici toute leur importance. Christophe Malherbe à la contrebasse, petites lunettes rondes sur le nez, reste stoïque du haut de ses 2 mètres et quelque mais n’en sort pas moins des sons improbables de son imposant instrument. On trouve également, plus tard dans le spectacle, Dimitri Artemenko au violon et un étrange Gimli géant au bonnet trop enfoncé qui joue du melodeon et d’une grande rape en fer. Mais surtout, l’on découvre la génialissime Léa Bulle, véritable femme-orchestre qui enchaine chœurs cristallins, trompettes, grosse caisse, boite à rythme et autres étranges instruments.

Accompagné de cette étrange et magique petite troupe, qui porte des masques effrayant pour Bon appétit shaman, Féloche fait jumper la foule sur des titres qui sont tous plus dansants les uns que les autres, de La vie cajun, titre éponyme, en passant par Eh toi !, Jette le gants, une version revisitée de Singin’ in the rain et mention spéciale pour le toujours entrainant Darwin avait raison. Des pauses salvatrices mais non moins poétiques sont opérées avec des morceaux comme les doux Emilie ou Laisse aller. Malgré ses différentes expériences musicales, le parisien presque trentenaire conserve une fraicheur qui enchante de la première à la dernière note. On ne s’étonne pas, alors, que ce phénomène bénéficie d’un buzz grandissant, largement mérité.

Adeline Lajoinie

Lajoinie Adeline


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 Artiste
 Féloche


 Aftershow(s) Date publication
 Féloche : La Boule Noire, Paris, mercredi 27 Janvier 29/01/2010



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