|
Fatals Picards : Paris, Jeudi 30 octobre 2008 ( Warner Music )
Les 28, 29 et 30 octobre derniers, les Fatals Picards ont posé leurs valises à l'Alhambra (sorte d'Olympia miniature récemment rénovée) pour y capter tranquillement ce qui deviendra dans les prochains mois leur premier concert filmé. Aussi, plus qu'un live report lambda, on vous propose ici en exclusivité mondiale la chronique du DVD live des Fatals Picards au moins six mois avant sa sortie !!!
Bien évidemment, impossible de parler de ce concert sans parler de sa première partie, Ivan (avec un I), fondateur historique des Fatals Picards, qu'il a quittés l'année dernière pour se consacrer à un nouveau projet ; projet qu'on découvrit ce soir-là en exclusivité. Accompagné de son "double vidéo" à la batterie (des séquences préenregistrées, un rétroprojecteur et quelques heures de répétitions pour quelques dialogues virtuels du meilleur effet), Ivan avec un I régalera le public de ses chansons douces amères, tendres et poétiques, où sa plume familière s'exprime sous un jour nouveau. Une jolie entrée en matière…
Puis vient le moment tant attendu de l'entrée en scène des Fatals Picards, sur une intro de type heavy metal, directement enchaînée sur "Seul et célibataire", dont – première surprise de la soirée – les refrains ont été entièrement réécrits. Avec "La sécurité de l'emploi", toujours extrait de Pamplemousse Mécanique, on est déjà en terrain plus connu. En outre, on se rend rapidement compte que les chansons sont un peu plus calmes qu'à l'ordinaire (ce qui n'est pas le cas pour les Fatals qui, eux, sont déchaînés). Après le très attendu "Djembé man", ils gratifieront le public d'une nouvelle chanson, où il est question d'un Malien sans papiers retrouvé gelé dans le jardin d'un pavillon de banlieue. Une chanson assez représentative de la nouvelle orientation plus politico-sociale (et moins drôle) prise par le groupe depuis le départ d'Ivan, qu'on retrouve aussi sur "Le combat ordinaire", jouée un peu plus tard, lors du "quart d'heure maléfique des chansons de gauche" avec "Mon père était tellement de gauche" et "Schizophrène (Tu vas dans le mur)" (quant à savoir le rapport de cette dernière avec la gauche… Message caché ?).
"Je viens d'ici", "Les dictateurs", une fois encore la part belle est faite au dernier album en date, ce qui est assez logique puisque c'est le seul auquel le nouveau chanteur, Paul, a collaboré. D'ailleurs, à deux exceptions près (les classiques "Dors mon fils" et "Chasse, pêche et biture" – même "Goldorak est mort" passe définitivement à la trappe), les Fatals Picards contemplent désormais leur avenir. Ska-punk enragé et engagé, "Supporter" clôt la première partie du concert avec "30 millions de punks (Punkachien)", piste cachée de Pamplemousse Mécanique devenue avec le temps l'une des favorites des fans.
Après une courte disparition, les Fatals reviennent pour un premier rappel composé de l'inévitable "L'Amour à la Française", honnie représentante de la France à l'Eurovision 2007, une fausse chanson de Superbus aux paroles exagérément niaises (depuis le temps qu'ils s'acharnent sur eux, il fallait bien qu'ils en arrivent là) et bien évidemment "Bernard Lavilliers", qui provoque une dernière fois l'hystérie dans la salle… Dernière ? Que nenni. Après s'être éclipsés à nouveau, les Fatals réapparaissent une dernière fois, accompagnés cette fois-ci d'une section cuivre pour des versions enrichies de "Monter le pantalon", "Je vis chez Amélie Poulain", "Française des jeux" et "notre fameuse reprise de Partenaire Particulier", en fait "Mala Vida" de la Mano Negra (quitte à avoir des cuivres sur scène…).
Bien évidemment chez les Fatals Picards, le spectacle se déroule aussi entre les morceaux, lors de transitions toutes plus hilarantes les unes que les autres (dont pas mal de nouvelles, ceux qui les suivent depuis longtemps apprécieront l'effort). Des interventions autrefois concentrées sur le duo de chanteurs (Ivan et Paul), aujourd'hui dispatchées sur tous les membres de la formation, leur conférant sur scène une vraie cohérence de groupe, avec ses sketches improvisés, ses gags récurrents ("La prochaine chanson est dédicacée à Dominique Strauss-Kahn", le public qui scandera le nom du batteur, Jean-Marc, pendant tout le concert pour faire râler Paul…) et ses phrases cultes ("La demi-heure soviétique, c'est comme le quart d'heure américain sauf que c'est plus long et les filles sont plus moches").
Seule déception : c'est le premier concert parisien depuis longtemps où il n'y a pas Didier Wampas !
Michael Rochette
Michael Rochette
|