|
Flaming lips, Printemps de Bourges 2006
The Flaming Lips a 20ans de carrière mais reste très peu connu en France. Légendaire et fer de lance d’un mouvement néo-psychédélique américain, Wayne Coyne a forgé sa réputation par son excentricité en studio et surtout en concert. En 2002, le groupe avait enfin eu des louanges et une reconnaissance française par la folie de leur album « Yoshimi Battles the Pink Robots » et son expérience musicale cosmique.
Pour ce trentième anniversaire, le printemps de Bourges invite le groupe pour enfin rendre au rock psyché et délirant ce qui appartient au Flaming Lips. En tournée mondiale pour « At War with the Mystics », titre évocateur anti-religieux et anti-Bush, le punching-ball préféré de Coyne, le groupe débarque sur une scène tenant sur un tapi assez grand aux canons à cotillons de chaque cotés.
Le spectacle débute avec un Coyne très classe, costume, nœud pap’ détaché, l’air très décontracté, une caméra fish-eye sur son micro retransmit sur un écran géant fond de scène, un guitariste habillé d’un déguisement squelette pour donner le ton décalé du show. Après une présentation du groupe, Wonderwoman et Captain America, roadies déguisés, font leur apparition pour accueillir d’un côté des pères noëls et de l’autre des êtres cosmiques venant d’une autre galaxie, symbolisant la chrétienté et la scientologie.
Des ballons baudruches géants sont envoyés sur le public, des serpentins volent, des cotillons, leur rock psyché prend des tournures de bal de promo américaine sous boule à facettes disco dès le premier titre « Race for the Prize ».Des titres comme « The Yeah Yeah Yeah Song & Free Radicals » font danser la foule sous cette lumière et dans une ambiance survoltée incroyable. Le seul inconvénient est la barrière de la langue, Coyne essaye de communiquer avec un public qui ne comprend pas très bien son pamphlet cartésien et sa volonté d’expliquer la neutralité des Flaming Lips dans une guerre à coup de lampe torche entre les pères noël et space invaders, dans laquelle le groupe se retrouve évidemment en plein milieu.
Musicalement parfois un peu décousu et dans son monde décalé, the Flaming Lips est souvent qualifié, dans la presse américaine, de groupe à voir avant de mourir et à constater cette prestation remplie de bonne humeur, de second degré et d’une puissance rock spatiale, le compliment n’est pas trop prétentieux mais juste à la hauteur de ce mythe.
Une cosmique automn rebellion sur le printemps, le grain de folie qu’il manquait pour faire de cet anniversaire une fin réussie.
Alexandre Blomme
|