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Gaëtan Roussel : Eurockéennes 2011, Belfort ( Universal )
Voilà plus d'un an que Gaëtan Roussel, le leader de Louise Attaque, sillonne la France avec son album solo sous le coude. C'est que le succès du single « Help Myself » est passé par là, et permet au chanteur à la prononciation si particulière de continuer à rameuter les foules. Le voici donc sur la Grande Scène, en fin d'après-midi, ou début de soirée selon la forme de chacun.
Il débarque accompagné de ses musiciens, assez nombreux puisque regroupant tout de même deux percussionnistes (un batteur « normal » et un autre plutôt consacré aux toms), et deux choristes dont une qui s'empare de temps à autres d'un saxophone, et pour laquelle monsieur Roussel demandera « un tonnerre ». Un tonnerre, c'est en fait un tonnerre d'applaudissements. Car le chanteur a un jargon bien à lui. Plus tard par exemple, il posera une question assez étrange à première vue, à savoir « Est-ce qu'on a vous aux claps ? ». Ce qui signifie tout simplement : « Auriez-vous l'obligeance, s'il-vous-plaît mesdames et messieurs des Eurockéennes de Belfort, de bien vouloir taper de vos mains de manière frénétique ? ». CQFD.
Il aime bien motiver les foules, Gaëtan Roussel, et entre deux de ses nombreux sauts guitare en main, il demande à celle-ci d'interagir, arpentant la scène de long en large pour montrer à tout le monde comment on fait des claps. Il s'inquiète aussi de savoir comment peuvent aller les gens. Sa phrase fétiche, répétée quasiment après chaque chanson, sera ainsi « Ca va comme vous voulez ? ». Et le public a effectivement l'air de plutôt bien aller et même de s'amuser, l'apogée du set étant obligatoirement atteinte sur « Help Myself », prolongé sur le pont et faisant danser des milliers de festivaliers. L'efficacité du morceau est indéniable, comme celle de l'autre tube « Dis-moi Encore Que Tu M'aimes ». En fait c'est bien quand il reste dans un registre proche de celui de Louise Attaque, avec ce côté dynamique et chant en français, qu'il est le plus efficace. Le concert est agréable, mais s'égare de temps à autres à force de jams un peu longuets, ou de chansons allant davantage lorgner du côté de la pop expérimentale d'influence anglo-saxonne. Une influence totalement assumée, comme le prouvera la fin du set, laissée à une reprise plutôt pêchue du « Psycho Killer » des Talking Heads.
Gaëtan Roussel et son groupe ont en tout cas tout donné, sans tricher, et le public ne s'y trompe pas en applaudissant comme il se doit leur sortie de scène. Le coup d'envoi d'un second jour placé sous le signe du rock vient d'être donné.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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