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Groundation : Printemps de Bourges 2008 ( Nocturne )
La foule a presque doublé au Phénix quand Groundation arrive sur scène. Les grands reggae-men sont là et le public n’a pas l’intention de bouder son plaisir.
Le groupe d’américains est très nombreux. Neuf au totale. Deux choristes, un batteur un guitariste, un clavier, un percussionniste, deux cuivres et, bien sûr, le gourou Harrison au chant et également à la guitare. Ce dernier impressionne dès le premier abord avec sa longue barbe et son gros bonnet en laine noire. Et dés qu’il se met à chanter, son statut de leader charismatique s’impose avec encore plus de force. Son timbre suraigu rappelle les grandes heures du reggae jamaïcain. Pour cause, Harrison est un grand rastafari adepte du reggae dans sa forme la plus roots, la plus pure, la plus « traditionnelle.» D’où le grand orchestre. Les morceaux sont tous très énergiques et très longs. Les deux choristes ne s’y trompent pas et bougent avec frénésie, rappelant parfois les chorégraphies des danseuses bondissantes de Femi Kuti.
La musique a une place prépondérante ici. Chaque musicien a le droit, à chaque morceau, à son petit solo. Et tous les autres membres du groupe se tournent vers le soliste pour l’accompagner du regard et des mouvements durant ces petits moments de gloire personnelle.
Assez naturellement, ces morceaux de musique pure ne font absolument pas retomber l’ambiance. A chaque fin de solo, le public hurle à pleins poumons, comme pour rendre un hommage encore plus vibrant au groupe et à sa musicalité entraînante.
Au niveau du message, on reste dans un registre, encore une fois, très traditionnel : la paix et l’amour de ses prochains. « Protect life, don’t cancel life » (protégez la vie, ne la détruisez pas) dit le pacifique Harrison entre deux morceaux. « We are in 2008. You must be the generation of the change, the one that spread love and understanding » (Nous sommes en 2008, vous devez être la génération du changement, celle qui répand l’amour et la compréhension de l’autre), continuera t-il plus tard. Puis il fera l’apologie du bonheur à traver la musique, sa musique, le reggae : « Life is very difficult but don’t worry, music always be there » (La vie est difficile mais pas d’inquiétude, la musique sera toujours là). En même temps, à voir la marée de bras sautillants et les grands sourires sur les visages des spectateurs, on n’avait pas de grosses craintes sur l’avenir de la musique en général et du reggae en particulier.
Juste un pur moment de musique. Love Rastafari !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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