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Herman Dune : Festival Beauregard (John 3), 2 juillet 2011
Avec ses mélopées folk qui flirtent de plus en plus volontiers avec une écriture pop légère et souriante, le duo “plus un” a envoûté un public qui ne demandait que ça.
Il a depuis longtemps perdu son umlaut (ses trémas, histoire qu’on arrête de penser qu’il a des origines germaniques), mais Herman Dune n’en reste pas moins atypique. Mais qui est encore “typique” aujourd’hui ? Je vous le demande. Bon, c’est sûr que la dégaine de David-Ivar Herman Dune, encore plus décalée qu’avant, avait de quoi déconcerter. Outre sa longue chevelure envolée, David a en effet troqué sa panoplie de gourou hippie pour un look bûcheron canadien avec chapeau de rigueur. La seule chose qui ne change pas, c’est ce brave yéti bleu (Baby Blue Yeti) qui le suit partout et cette habitude de ne jamais aller au-delà d’un léger sourire pour montrer qu’il est super content d’être là. Même l’ami Neil Young, dont on devine que David a un portrait accroché au-dessus de son lit, paraîtrait jovial en comparaison. À la réflexion, c’est peut-être Dylan qui surveille son sommeil, mais bon, la remarque est valable pour les deux… Autant DIHD lui reste imperturbable, autant son complice, désormais baptisé Cosmic Neman, s’énerve un peu et même souvent. Tient, au fait, un groupe qui fonctionne habituellement en tandem mais qui se produit avec un bassiste sur scène, bien qu’il ne soit pas complètement intégré, c’est quoi ? Un truo ? Pour info, le bassiste a pour nom Ben Pleng et il illustre parfaitement l’orientation légèrement plus électrique des Dune, telle qu’exposée sur le dernier album en date, Strange Moosic, et que le groupe le présente presque dans son intégralité. C’est une habitude chez lui de faire table rase du passé à une poignée de titre près. Herman Dune a beau avoir rempli l’Olympia, il n’attire pas encore une foule d’inconditionnels qui lui réclament certains titres de ces onze albums précédents comme s’il s’agissait de classiques incontournables. Mis à Part peut-être “My Home Is Nowhere Without You” qui est presque un hit. Et quand bien même on lui suggérerait ici un “Your Name, My Game” (pour son faux air de “Your The One That I Want” dans Grease, ben quoin on peut rigoler, non ?), ou le rigolo “Not On Top” (sort de morceau country joué par un musicien traditionnel japonais), ou même son … S’il ressort ses vieux titres au compte-goutte, c’est presque pour se détendre un peu entre un “The Rock” et Un “Shadow Of A Doubt” ou un “Lay Your Head On My Chest” et un “Magician” tout beaux tout chauds… Cela dit, lorsque DIDH se laisse aller en mode destructuré à la Neil Young (“Where Is The Man”), on ne peut s’empêcher tout de même de trouver que ça manque singulièrement de folie et d’électricité. Il n’est pas un si mauvais guitariste, loin s’en faut, mais la saturation et les longues envolées en solo ne sont pas encore sa grande spécialité. Ce détail mis à part, les Dune mériteront certainement une meilleure place sur l’affiche à l’avenir. Texte et photo :
Jean-Pierre Sabouret
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