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Hocus Pocus : le Zénith de Paris, 13 octobre 2010
Petit à petit, la formule magique a pris et, de petites salles de province aux salles parisiennes, les nantais d’Hocus Pocus ont finalement pris d’assaut le Zénith de Paris, bourré à craquer de fans trentenaires vrombissants.
Après avoir rempli la Cigale et l'Elysée Montmartre en février et mars dernier, le collectif nantais de hip-hop jazzy-soul s’est offert les quelques 6 000 places du Zénith de Paris. Et preuve que leur dernier album, 16 pièces, est un vrai beau succès après le timide 73 touches, le plus assis Place 54, il ne restait pas beaucoup de places libres, dans la fosse ni sur les gradins. Le groupe a donc vraiment frappé un grand coup pour terminer une tournée mondiale des plus triomphales. Après la première partie réussie du rappeur Rashaad Ahmad, 20Syl vient donc bondir sur scène avec toute sa troupe : bien entendu l’inébranlable DJ Greem aux platines, David Le Deunff à la guitare, Hervé Godard à la basse, Matthieu Lelièvre au piano, Antoine Saint-Jean à la batterie et trois merveilleux cuivres qui, en plus de rendre le son encore plus chaleureux, reprenaient tous ensemble les petites chorégraphies du MC.
L’avantage, quand on est là depuis longtemps, c’est qu’on a, forcément, une bête de répertoire. Hocus Pocus a donc offert ce soir, devant des fans largement trentenaires mais qui n’en était pas moins excités, une très large palette de ses titres les plus connus. Même les moins connus, soulignons-le, ont été repris en chœur par toute la foule. On agita donc bras et corps sur des reprises assez jazzy et énergiques d’Onandon, J’attends ou Hip-Hop pour le 1er album. Smile, Vocab !, Mr Tout le monde, Touriste et Quitte à t’aimer (avec un son reggae plutôt que la reprise de Cesaria Evora en fond) pour le second opus. Beautiful Loosers, 25/06, A mi-chemin, Marc ou Le Majeur qui me démange pour le troisième disque. Côté invités, si Alice Russelle et Akhenaton (au chevet de son papa, pour qui 20Syl a entonné le célèbre Je suis peut-être) étaient les grands absents, l’on a tout de même pu se régaler des présences des géniaux MCs de The Procussions sur Signes des temps, Khondo sur Du sable sur les paupières, Gwen Delabar sur Marc, de la douce Elodie Rama sur Portrait, Ben l’Oncle Soul sur A mi-chemin et, en toute fin de concert, Oxmo Puccino a repris Equilibre puis un de ses propres tubes : Mama Lova.
Pendant deux heures, le groupe n’a pas fait baisser la pression. S’il est clair que 20Syl est un leader exemplaire, danseur monté sur ressort, tout le combo a su donner le tempo. En plus des petits pas de danse esquissés ça et là, les 8 artistes se sont offert un beau bain de foule sous le signe de 3 des 4 éléments du mouvement Hip-Hop (ne manquait plus que le graff’). Greem en tête, portant une platine en bandoulière, HP a fendu la foule, en plein milieu du concert, pour aller rejoindre des b-boys nantais qui ont donné, via une caméra qui les filmait en temps réel, une belle leçon de danse. Puis, tout le petit groupe s’est dirigé vers la console du fond de la salle où les attendaient, DJ Atom et DJ Pfel, les deux autres membres du collectif de DJs double champion du monde de DMC C2C. Ensemble et avec un plaisir non dissimulé, les potes de toujours ont alors entamé les morceaux à huit mains qui leur ont valu leur double titre. Juste mythique !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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