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Iggy And The Stooges : Hellfest 2011 ( EMI )
Si Iggy Pop est toujours aussi impressionnant sur scène, et souvent devant, ce n’est pas tout à fait le cas avec les vieux, très vieux, camarades qui l’accompagnent dans ce retour nostalgique à la formation mythique de ses jeunes années.
Près de 40 ans après la fin des Stooges (en juillet 1971), l’histoire se répétait puisque c’est avec l’appellation Iggy And The Stooges que le groupe se réincarnait à Clisson, comme en 72. Ron Asheton est mort il y a deux ans et, comme l’a expliqué Iggy, “les Stooges sont morts avec lui”. C’est donc à nouveau James Williamson qui officie à la guitare, lui qui a souvent épaulé Iggy avec ou sans Stooges, notamment sur Kill City, récemment réédité et dont est extrait l’une des rares surprises du set (“Beyond The Law”). Logiquement, trop diront les ingrats, le gang envoie l’essentiel de l’album Raw Power, ne faisant que picorer dans Fun House (seulement la face B), ou The Stooges. Pas un titre de The Weirdness, donc, mais ça n’étonnera personne.
Pour ceux, nombreux tout de même, qui émettaient quelques doutes quand à la participation du groupe dans un festival comme le Hellfest, Iggy ne tarda guère à mettre tout le monde d’accord en prenant d’assaut le public métalovore sans lui laisser la moindre chance. Toujours aussi sensuel et animal, bien qu’il ne baissera pas une fois le pantalon au-delà de la raie des fesses et d’un léger bidon (trop froid, probablement), il se rue sur les premiers rangs, sans qu’on sache trop s’il va lui accorder ses faveurs ou lui coller de gigantesques mandales. Quand il ne le fait pas monter sur scène, tout au moins une petite délégation, au grand dam de la sécu complètement débordée. Iggy a récemment tourné un spot de pub pour une assurance, mais on se demande quand Duracell pensera à faire appel à lui.
Cela étant, on aurait aimé en dire autant du reste de la troupe, dont le dynamisme était inversement proportionnel à celui de son épileptique patron. On entendait souvent plus le saxo de Steve Mckay que la guitare de Williamson. Alors d’accord, même accompagné par la fanfare du coin, Iggy arriverait à mettre le feu. Mais, tant qu’à faire, il aurait pu tout aussi bien oublier la bannière “Stooges” et s’entourer de sales gosses tout juste pubères et prêts à en découdre tout autant que lui. Là, le concert se serait probablement fini en une terrifiante bacchanale, vu ce que sa seule présence a su déclencher comme hystérie. Oh et puis allez, soyons honnêtes, les Stooges c’est lui et qui irait lui chercher des poux s’il gardait le nom et pas ses membres plus ou moins originels ? Ou encore, il pourrait enrôler leurs arrières petits enfants…
Jean-Pierre Sabouret
Jean-Pierre Sabouret
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