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Iggy and the Stooges : Fête de l'huma 2007 ( EMI )
Une chaleur étouffante émane de la foule agglutinée au pied de la Grande Scène du parc du Bourget de la Courneuve. Cette année, la Fête de l’Humanité accueille Iggy and the Stooges et le nombre impressionnant de spectateurs entassés sur l’herbe témoigne de la popularité de l’artiste.
À soixante ans celui qu’on surnomme « l’Iguane » a reconstitué la mythique formation des Stooges le temps de quelques concerts. James Newell Osterberg - de son vrai nom - remonte sur scène accompagné des frères Asheton (Ron à la guitare et Scott à la batterie) et du saxophoniste Steve Mackay. Le bassiste Mike Watt remplace Dave Alexander, mort d’une overdose.
Réminiscence d’addictions passées ou talent inné et explosif ? Nul ne sait mais c’est avec un charisme détonnant et une énergie époustouflante que le soixantenaire entonne un « Loose » débridé. Comme à son habitude, Iggy Pop gesticule torse-nu et se dandine dans son jean d’adolescent. Après un « 1969 » qui a achevé de réveiller l’audience, le rocker au corps sec et musculeux aboie un « I Wanna Be Your Dog » qui fait rugir les dizaines de milliers de personnes pressées contre la scène. Avec une nonchalance désarmante, il bondit dans la fosse et abreuve le premier rang d’accolades et de poignées de mains furieuses. Le chanteur à l’allure athlétique s’exhibe comme aux plus beaux jours, entouré d’un guitariste impeccable et des envolées divines du saxophoniste. « We are the fucking Stooges ! » hurle le papy déjanté avant de se lancer dans une version très rock de « Dirt ».
Le public, majoritairement des anciens fans des années 1970 et des bandes d’ « adulescents » stimulés par le retour du rock hexagonal, applaudissent frénétiquement et s’époumonent sur le refrain de « Fun House ». « I feel alright, take it down ! » vocifère Iggy Pop juché sur un ampli. La ferveur générale atteint son paroxysme quand le chanteur invite quelques personnes à le rejoindre sur scène. Chacun profite de son quart d’heure de gloire aux côtés de ce monstre du rock qui n’hésite pas à partager le micro avec ses fans sidérés. Le public frôle l’évanouissement quand l’Iguane chante quatre pattes sous le fouet imaginaire d’une jeune groupie.
Sa musique à l’efficacité directe et simple, sa voix abîmée par des années de prise assidue de drogues multiples et variées et sa force diabolique subjuguent. En guise de final, Iggy éructe un dernier « I wanna be Your Dog ». Après une heure et demie d’une performance parfaitement rodée et éclatante, le lézard fou rentre dans sa tanière. Une fois encore, Iggy Pop assied son statut de légende et démontre qu’il n’a rien perdu de son authenticité et de sa rock n’ roll attitude.
Éloïse Bouton
Eloîse Bouton
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