|
Indochine : Tournée Alice & June - Printemps de Bourges 2006
A peine moins de 24 heures après une séance d'hystérie collective et pré pubère en compagnie de l'archange Raphaël, les rescapés d'Indochine nous invitent à une séance de stretching. Allez un, on frappe dans les mains, deux on saute et trois on fait tous ensemble youuuuuuuuuh.
Indochine et Raphaël ont finalement deux points communs
- Un goût prononcé pour le contrôle absolu de leurs images ! Mais si le blondinet désire encore regarder une par une les images prises par les photographes avant publication (on s'occupe comme on peut dans un tour bus), Nicolas Sirkis le teinté en noir préfère lui, interdire carrément toutes les images de ses rides naissantes
- un public de gamines hystériques en pleine crise pubertaire hurlant le nom de leurs idoles respectives et ayant de fortes envies de frapper dans les mains et reprendre en choeur les nanana de Raphaël et les hou hou hou des indochinois.
La salle du Phénix est pratiquement pleine ce soir pour ce qui est depuis deux albums l'un des miracles de ces dernières années dans l'industrie du spectacle musico-SM version ado, le retour en grâce d'Indochine. Un rideau rouge sang masque la scène, le nom du groupe est affiché en lettre gothique. La lumière s'éteint et c'est parti pour une heure trente de cris stridents et lancé de culottes.
Au programme une visite au pays des deux derniers albums du groupe ainsi que quelques classiques incontournables comme l'Aventurier. Dès le départ, le ton est donné : guitares lourdes et section rythmique qui décoiffent (enfin déplument...) les corbeaux. On sent que c'est vers Nine Inch Nails que le groupe voudrait aller. Mais comme souvent sous le chapiteau du Phénix, nous avons plutôt l'impression d'une bouillie sonore d'où émerge le chant approximatif de Nicolas (mais bon, après vingt ans de carrière, on s'est habitué...).
A l'écoute de ces premières minutes, on se rend compte que ce n'est pas gagné. Mais il faut bien rendre à June ce qui appartient à Alice, Nicolas Sirkis possède plus d'énergie que ne voudrait le laisser croire l'âge de ses artères. La scène est son élément naturel et que l'on aime ou que l'on déteste sa musique, sa performance physique et ses liens avec ses fans (et leurs parents qui sont regroupés au fond de la salle en attente de « Kao Bang ») forcent le respect. De toute façon, comment pourrait-il vieillir alors que l'âge de son public, c'est-à-dire 15 ans, n'a pas changé depuis les débuts du groupe? Il est aussi, il faut l'avouer, accompagné de musiciens particulièrement carrés et d'un décor assez chouette.
Alors du coup, on est prêt à tout pardonner à ce Peter Pan qui prend son pied sur scène.Bref, nous avons droit ce soir à un concert, non pas d'un groupe en fin de carrière mais bel et bien à celui de bêtes de scènes qui ont, sans faire de compromis, su rester au goût du jour et qui, visiblement, donne l'impression d'être vraiment content d'être là.
Incritiquable, donc...
Frédéric Fahy
|