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Infadels : Rock en Seine, jeudi 28 août 2008
Un commencement est un moment d’une délicatesse extrême. Et comme on n’a pas tous les jours Rage Against The Machine pour booker une journée en quelques heures, il faut parfois jouer des méninges pour dénicher le groupe qui saura allumer la première étincelle d’un festival qui, une fois savamment attisée, consumera le public jusqu’au bout de la nuit – ou du moins l’heure du dernier métro. Bref, il faut un certain talent pour capter l’attention des festivaliers en quelques minutes de show seulement (dans le genre, on se souviendra des – alors largement inconnus – Subways qui avaient offert à l’édition 2005 de Rock en Seine une entame digne de ce nom, et ce malgré une pluie battante).
Avec leur rock-électro survolté et des membres allergiques à toute forme d’immobilisme, les Infadels peuvent légitimement se réclamer de cette trempe. Il faut dire que 300 concerts en l’espace de trois ans à peine, ça forge l’expérience. Reste la problématique immuable du groupe dont les deux albums sont passés largement en dessous de la plupart des radars français au moment de leur sortie (pour leur défense, vue la configuration actuelle desdits radars, ils ne sont malheureusement pas les seuls)… A ce petit jeu du « je-te-joue-mes-tubes-qui-déclencheraient-l’hystérie-n’importe-où-ailleurs-mais-ici-c’est-Paris », les Anglais ne s’en sortent finalement pas si mal, notamment grâce à quelques tueries imparables extraites de leur premier album « Love like Semtex », « Jagger ’67 » et un colossal « Can’t get enough » en guise de conclusion.
Dépouillés de ces sonorités électro grassouillettes qui constituaient en grande partie le « son Infadels » au profit d’un songwriting affiné à la pop, les extraits du second album peinent à créer la même frénésie que le déchaînement binaire des premières heures. Et vu que rien ne vaut mieux dans ces cas-là qu’une bonne reprise pour remporter l’adhésion des publics les plus frileux, les Londoniens nous ont gratifiés d’un « Sweet Dreams » revisité avec brio, offrant une troisième voie des plus intéressantes entre l’originale d’Eurythmics et la célèbre relecture de Marilyn Manson.
Il est 16h en ce premier – vrai – jour de Rock en Seine 2008, les Infadels quittent la scène en laissant derrière eux un public ravi prêt à en découdre avec le reste de la programmation. Mission accomplie.
Michael Rochette
Michael Rochette
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