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Izia : Printemps de Bourges 2010 ( Universal )
Izïa est une folle furieuse...
Entourée de son guitariste et de son bassiste, annoncée par le ramdam de son batteur, la fille d’Higelin arrive en courant sur scène. Toute de noir vêtue, pantalon et tee-shirt mettant bien ses formes avantageuses en avant et cheveux au vent. Dés le début de son show, le ton est donné : c’est du gros rock qui tape qui sera proposé par ce lutin bondissant. Véritable boule d’énergie, elle joue tout aussi bien avec le public, qu’elle harangue pour qu’il tape des mains, qu’avec ses musiciens, avec lesquels elle danse et auxquels elle va régulièrement se frotter. Après un premier titre très énergique, elle annonce : « ça me fait hyper chaud de revenir cette année à Bourges. C’est un peu ici que tout a commencé. » Mais la minute émotion ne dure pas et Izia hurle bien vite : « est-ce que vous avez envie de ressentir des trucs dans le bas de votre corps ? » Alors, let’s go back to the seventies avec un Back In Town issu, comme tous ses titres de ce soir, de son premier opus éponyme.
Il y a quelque chose de mystique et de purement rock’n roll chez cette fille-là quand elle se produit. Elle lève tête et bras en l’air en chantant puis se retrouve à genou avant de se relever pour bondir d’un côté ou de l’autre de la scène. Après des titres d’une folle énergie, elle s’octroie quelques minutes d’un a-capella baigné dans une intense lumière rouge et démontre que sa voix puissante est également très proche de celle des chanteurs de gospel. Version un peu barré quand même… Pleine d’humour, elle explique « que nous allons vivre un moment d’intimité très intense » et refait juste son lacet. Puis elle annonce « une chanson pour quelqu’un qui m’a élevé intellectuellement et qui a toujours été là quand il ne fallait pas. » Et hurle « une grosse connasse » avant d’interpréter son Hey Bitch ! Tantôt lascive, tantôt agressive, elle se déhanche telle une panthère noire devant son guitariste qui s’offre alors un solo.
Sensuelle, elle prend sa voix « de fille qui n’est joignable que sur minitel » et demande au public de « bouger ses hanches comme un métronome, de gauche à droite » et annonce que chaque spectateur devrait ressentir une irrésistible attraction pour son voisin, « une forte envie de lui fourrer votre langue dans sa bouche. » C’est l’heure du très sexy Disco Ball. Egalement un peu maitresse de cérémonie, dans le sens hip-hopien du terme, Izïa organise ensuite une bataille de cris entre les filles et les garçons et l’assistance s’époumone avec une joie non dissimulée, au plus grand plaisir d’une artiste qui semble aimer quand ça part dans tous les sens. Et après son single phare Let Me Alone, la demoiselle se rue sur la batterie, qu’elle joue debout avant de s’emparer d’une cymbale et de son pied et de s’acharner dessus avec force e rage pour un final en forme de feu d’artifice sonore.
Son papa, qui était dans la salle, a de quoi être fier de cette furie qui offre un grand coup de jeune au rock.
Adeline Lajoinie
Photo : Hervé All
Lajoinie Adeline
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