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Izia : Vieilles charrues 2009 ( Universal )
Après le père et le fils, on demande la fille. Et oui, la famille Higelin n’a visiblement pas de mal à nourrir la scène française. Qu’elle en soit remerciée à tout jamais car hier, aux Vieilles charrues, Izia nous a mise une bonne claque que l’on n’attendait pas forcément. C’est d’autant plus jouissif.
Vue qu’elle est âgée d’à peine 18 ans, on pourrait vite mettre Izia dans la case bébé rockeurs avec d’autres groupes plus intentionnés par leurs coupes de cheveux que par leur musique. Mais voilà, la jeune fille n’a pas l’air plus intéressée plus que cela par la longueur parfaite de la frange et déboule en cuir et hauts talons, seule à la guitare et les cheveux en bataille. Allez, il lui faudra une minute pour se mettre directement le public des Vieilles charrues dans sa poche, voir sa culotte.
Bon, il est vrai que celui-ci vient de sortir du concert de Ronan Luce, le garçon qui possède le charisme d’un morceau de savon sur le bord d’un lavabo. Malgré tout, comment a t-elle fait ? Possède t-elle un physique à la Lily Allen ? Pas du tout. Par contre, Janis Joplin lui a envoyé du nirvana des rockeurs un brin de sa voix à la fois puissante et déchirante. Et quand Izia l’a pousse un peu, c’est-à-dire tout au long du concert, on a un peu mal pour ses cordes vocales. D’un autre côté, on ne va pas demander à cette jeune fille de se freiner à son âge.
Arrive rapidement son groupe réduit au minimum syndical conseillé par la guilde du rock : guitare, basse, batterie. Cela joue sec, tendu sans fioritures. Bon, le groupe manque un petit peu de puissance, mais lui non plus n’est pas sorti depuis très longtemps de ses slips Petit bateau. On regrette aussi peut être une deuxième guitare voir une petite section de cuivre qui irait très bien avec la couleur très années 70 des compositions. Et puis, elle ne possède pas des chansons à la hauteur de sa voix. Bon, c’est pas vraiment très grave, cela viendra plus tard dans sa carrière que l’on estime très longue de toute façon.
Car Izia possède plusieurs cordes à son arc. En plus de sa voix, elle a le truc, le charisme, la rage, la gnac, appelez cela comme vous voulez mais elle sait prendre le public par les couilles. Et cela n’est pas donné à tout le monde. Visiblement pas ici pour ne pas se lâcher, elle hurle, se jette par terre à quatre pattes vers son guitariste, lances des pics aux spectateurs (« je sens le sexe monter en moi, et vous ? »), pousse des gueulantes qui donnent le frisson, dégage le batteur pour mieux se déchaîner sur son instrument (on parle de la batterie, bien sûr…) et finalement se retrouve en soutien gorge. « Cela devrait faire plaisir à ma mère de savoir que je me suis mise à poil devant 35 000 personnes » nous lance t-elle. Elle est en sueur, ce qui fait d’elle le deuxième artiste, après Bruce Springsteen, a avoir vraiment mouillé la chemise ce week-end.
Bref, Izia, totalement à l’aise sur scène et possédant sans faire le moindre effort tout ce que l’on demande à une chanteuse de rock a carrément retourné le public breton comme une crêpe. Pas la peine d’aller plus loin, c’est la grosse révélation de cette édition du festival. Franchement, on attend la suite avec impatience et on vous conseille d’aller la voir rapidos en concert…
Frédéric Fahy
Frédéric Fahy
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