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James Deano au Lavoir moderne ( Because music )
Sur les planches du Lavoir Moderne Parisien trônent deux silhouettes cartonnées. A gauche, un policier en uniforme, à droite James Deano. Odyssée, le DJ, surplombe la salle. James Deano et un comparse surgissent des coulisses et bondissent sur scène…
Les trois associés portent un T-shirt « James Deano lave son linge sale en public ». Le MC somme le public engourdi et avachi dans les strapontins en velours de venir occuper l’espace de la fosse. Docile, la foule s’exécute. Après un bref échauffement tonique (« Tout le monde à droite lève les bras ! Tout le monde à gauche lève les bras ! ») Deano interprète « El Playboy », titre caustique aux accents mégalomanes. Avec beaucoup d’auto-dérision, le rappeur dresse un portrait très flatteur de sa propre personne et investit la scène avec un charisme énergique. Le lieu lui appartient.
Entre chaque morceau, le jeune Belge intercale des saynètes humoristiques où il démontre ses talents de comédien. « Bonjour je m’appelle James Deano. Je viens de Waterloo. Ca vous dit quelque chose, vous Français ? » Grognements dans l’assistance. Le MC poursuit son auto-présentation. « Ca c’est moi », lance-t-il en désignant la silhouette en carton à son effigie. « Et ça c’est mon père. Et oui , belge et fils de commissaire pour faire du rap ce n’était pas gagné ! » Le public rit de bon cœur, non insensible à ses sarcasmes. Celui que l’on nomme le prince du hip hop belge prolonge l’ironie avec un morceau dont le refrain « Nique la police sauf papa bien sûr » fait danser les premiers rangs. C’est une évidence, James Deano aime la scène et aime jouer avec le public.
Sa voix, entre rap et slam, demeure standard voire banale. Son atout majeur provient de l’originalité de ses textes et de son authenticité « hip hop classe moyenne » parfaitement assumée. Le DJ utilise des samples célébrissimes qu’il insère entre les chansons. « Smashin’ Somethin’ » de Redman, « Beautiful » de Snoop Dogg et une parodie désopilante de « Can’t Touch This » de MC Hammer devenue « Touche Ton Tiche » (pénis en belge). Le spectacle s’achève par le single « Les Blancs Ne Savent Pas Danser » où Deano inverse les rôles : « Tout le monde sur scène et moi dans les gradins ! » Cette performance impétueuse s’achève dans la bonne ambiance générale. « Sortie de l’album le 5 novembre ! » s’écrie le jeune rappeur avant de disparaître en coulisses.
La recette de James Deano s’avère efficace. Une mise en scène travaillée, un souci apporté aux détails, un décor théâtral, des jeux de lumières et des interludes folichons. Le tout sauce belge.
Éloïse Bouton
Eloîse Bouton
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