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Jamie Lidell : Rock en Seine, vendredi 29 août 2008
On dit du jeune anglais qu’en plus d’être une sensation funk-soul, c’est une bête de scène. C’est dire si on l’attendait en ce début d’après-midi ultra ensoleillé, sur les pelouses du parc de Saint Cloud ! Mais ce n’est pas vraiment à un show à la Prince ou à la Marvin Gaye que nous avons assisté…
Certains ont peut-être oublié qu’avant de devenir un roi du groove, le trentenaire a eu le coup de foudre pour un sampler et a créé, avec Cristian Vogel, le duo de house expérimentale Super Collider. C’est plutôt à cette facette-là que nous avons affaire aujourd’hui. Jamie Lidell arrive, tout sourire, ses petites lunettes sur le nez, habillé très classique, avec un nœud paillon défait. Puis il se place derrière ses machines, accompagné de son batteur. Les premières notes étonnent l’assistance. Bien que le chant soit très groovy, le son est définitivement électro, presque trip-hop. Déconcertante entrée en matière. Et ce n’est qu’un début.
Très à l’aise, le chanteur s’éclate aux platines, bat le rythme avec frénésie avec des baguettes, improvise du beat box, sample sa propre voix. Son irrésistible énergie emporte très vite le public. Totalement en phase avec son musicien, Jamie Lidell ne se départit pas de son large sourire et son bonheur est communicatif. Jonglant avec les genres, il ravit tout le monde quand, se levant et passant devant la scène, il entame un morceau un peu plus traditionnellement funk-soul. Il débute a capella puis demande à l’assistance de l’accompagner en claquements de doigts. Au bout de quelques secondes qui semblent plus longues que prévu, il se retourne alors que le côté de la scène pour accueillir son ami Gonzales, vêtu d’une robe de chambre en satin noir. Ce dernier se met directement au piano et la magie opère d’elle-même. Porté par cette furieuse mélodie, Jamie Lidell enlève ses lunettes, danse et se déchaine au micro. Sa voix à la fois douce et puissante se libère enfin. Pendant deux longs morceaux, il redevient ce nouvel Otis Redding qu’on aime tant. Rien que pour ces quelques minutes de pur bonheur, on se serait damné. Vraiment !
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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