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Jamiroquai : Le Casino de Paris, 31 mai 2011
Après un nouvel album et une courte tournée des festivals en 2010, Jamiroquai était à Bercy en mars dernier. Seulement, face au béton et aux dix mille personnes, beaucoup ont reculé de voir l’idole de leur adolescence. C'est pourquoi un concert privé Pression live au Casino de Paris était la solution idéale !
Première impression : après tant de remue-ménage sur Internet pour trouver les fans les plus motivés d’assister au concert du chanteur le plus innovant de toute la scène pop des années 90, la fosse est en mode nonchalante (effet de la bière en open-bar offerte par le sponsor de la soirée?), dans une salle loin d’être utilisée au maximum de sa capacité d’ou une ambiance générale à la cool. Jay Kay arrive sur scène vêtu modestement : pas de couronne aux néons cristallisants, il n’est pas là pour présenter son dernier album, mais bien pour offrir le meilleur de sa carrière. C’est pourquoi il sera sobrement couvert d’un grandiose chapeau de cowboy blanc et d’une veste Adidas verte flashy assortie à ses baskets (Adidas aussi, partenariat avec la marque aux trois bandes oblige, décidément…). Maintenant, on l’oublie trop souvent, Jamiroquai, c’est un groupe, pas Jay Kay avec des musiciens professionnels uniquement présents pour toucher leur cacheton, et pourtant, c’est bien l’impression que le chanteur donne sur scène. Accompagné de ses musiciens talentueux, affichant une certaine maturité et musicale et physique, Jay Kay reste le showman du groupe. L’avantage d’avoir connu le succès plus de dix ans auparavant, c’est qu’on n’a pas grand-chose à faire sur scène pour que le public suive. Certes, personne ne réagit quand Jamiroquai ouvre sur ‘Rock Dust Light Star’, le dernier single de son nouvel album, mais dès qu’il entame ‘Little L’, le public, enthousiaste, clappe en rythme parce que Little L fait partie de son best of Hight Times. La setlist va crescendo, Jamiroquai enchaîne sur ‘Canned Head’, sur lequel il se lâche en variations. On part dans un bon délire funk même si la salle ne réagit toujours pas comme on l’aurait espéré : le public danse, mais c’est loin d’être la folie du concert de Jamiroquai aux Vieilles charrues par exemple. Quant à Jay Kay, réputé pour ses chorégraphies, il esquisse tout juste des pas de danse, les mêmes depuis son premier clip : un peu smooth, à la manière d’un lover. Il est vrai que c’est aussi sa marque de fabrique. Au niveau vocal, on en attendait aussi un peu plus. L’intro de ‘Love Foolosophy’ est remaniée en un long solo, mais Jay Kay n’est clairement pas à fond. Le public ne commence à hurler que quand il reconnaît « I don’t want the world I want you »… mais ne reprend pas en chœur pour autant. Et si Jay Kay se lance dans des effets de voix sur ‘Travelling Without Moving’, ils ne sont pas mis en valeur suite à quelques problèmes de réverbérations. Le public commence lentement à se réveiller sur ‘Alright’, Jay Kay se sentant alors porté se fait plaisir : ovation du public, qu’il prend la peine de faire durer… On connaissait sa réputation de narcisse, mais de là à se faire mousser pour un tube réalisé il y a quinze ans. Il enchaîne alors avec le plus gros tube de sa carrière – aussi parce qu’il a figuré sur la BO de Godzilla - : ‘Deeper Underground’. Et là, la salle se transforme en plateau pour La plus grosse discothèque du monde. Jay Kay finit le set par ‘White Knuckle Ride’, un single mou issu de son dernier album – parce qu’il ne faut pas oublier la promo quand même. Le rappel aurait dû être monstrueux. Entre ‘Virtual Insanity’, ‘Space Cowboy’ et ‘Cosmic Girl’, Jamiroquai avait le choix ! Mais Jay Kay a déjà dépassé ses soixante minutes de concert (Il est vrai qu’au départ, le showcase devait durer que quarante minutes…), donc le public n’aura droit qu’à un ‘Cosmic Girl’ saupoudré d’un ou deux larsens. Frustrant. Agnes Bayou
Agnès Bayou
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