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John Butler Trio : Fête de l’huma 2007 ( Warner Music )
Il est 21h pile quand les trois compères de John Butler Trio envahissent la Grande Scène du site de la Fête de l’Humanité. Jusque-là peu fréquenté, l’espace grouille d’amateurs émoustillés dès les premières notes de « Used to Get High ».
Le groupe australien se lance dans une version quelque peu décousue de la chanson, parasitée par des problèmes de sons et des imperfections techniques. Malgré ce début difficile, ce détail n’est rapidement plus qu’un mauvais souvenir. John Butler Trio joue un entraînant et mélodieux « Pickpart » qui fait danser toute l’assistance. S’ensuit « Better Than », morceau-phare du groupe qui prend toute sa dimension en live. Chaque musicien y va de son solo et s’approprie l’espace sonore à sa manière. Tout d’abord Shannon Birchall assène sa rythmique aérienne puis Michael Barker, en transe, martèle sa grosse caisse. John, quant à lui, demeure en retrait et incite le public à encourager les performances de ses complices. Ces derniers quittent la scène le temps d’un sublime « Ocean » instrumental au flux guitaristique aquatique. John Butler apparaît comme possédé par son instrument devenu le prolongement de lui-même. L’homme et la guitare ne font qu’un. Avec musicalité et dynamisme, il régale le public de ses accords jazzy et périlleux. Entre les morceaux, John multiplie les « merci beaucoup », tous acclamés par l’assemblée. « Sorry for my lack of French ! » (Excusez mon niveau de français) ajoute-t-il en souriant avant d’entamer le désormais culte « Zebra », joué debout.
Après une longue introduction aux sonorités folk soutenues par le jeu délicat de Michael Barker, le morceau explose enfin. Le parterre d’herbe fourmille de groupes de jeunes filles hystériques qui se frayent un passage dans la foule pour tenter d’approcher leur idole. JBT poursuit son épopée musicale avec « Good Excuse » parfaite illustration de la propension du trio à faire durer la musique et le plaisir. Ils étirent le morceau jusqu’à la limite de la rupture et la fragilité de l’épuisement. Butler et Birchall investissent la batterie de Barker et improvisent un trio de percussions. Les trois acolytes transportent l’audience dans des contrées inexplorées et la ramènent en terrain connu avec une complémentarité et une singularité tantôt pondérées tantôt débridées. Même configuration pour «Funky Tonight». Le groupe nous livre un dernier titre endiablé, jam d’une dizaine de minutes. Les musiciens communiquent sous forme de questions-réponses tandis que John fait participer le public conquis. Avant de quitter la scène, le chanteur s’empare une dernière fois du micro et lâche un bisou très sonore qui achève de séduire les fans (féminines surtout).
Éloïse Bouton
Eloîse Bouton
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