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Julien Doré : Francofolies 2009
Deuxième journée de festival et un invité de marque et qui marque : le soleil. Il cogne fort, et les festivaliers exposés pendant des heures en tribune vont en ressortir avec une dégaine d’écrevisse très tendance. Anaïs tente de s’approprier la hausse de température avec un set enlevé, la demoiselle prenant visiblement beaucoup de plaisir et en donnant, multipliant les blagues, et ce des fois à son insu, comme en fin de set. Son guitariste fait la blague habituelle, il lance un riff de Lenny Kravitz puis un d’AC/DC en guise d’intro pour « Mon Cœur, Mon Amour », mais comme le tube de la chanteuse n’est pas franchement aussi légendaire, les gens chantent « Highway To hell » sur le pont. La loose… Mais elle aura bien remué son short.
Derrière elle, Charlie Winston a trimballé son chapeau et sa folk branchouillarde un peu répétitive sur la Grande Scène, pour la plus grande joie des jeunes filles en fleur, très présentes ce soir, et qui attendent aussi Julien Doré.
Lorsque le chanteur à la barrette déboule sur scène, c’est l’explosion de cris hystériques en Dolby Surround. Les filles sont déchainées, et nous pouvons très vite nous dire qu’il n’y a plus que les bateaux du port de La Rochelle qui mouillent… Voilà donc Julien Doré, le chanteur qui mérite le respect. Pas pour ses chansons, mais pour sa conquête. C’est vrai quoi, le gars il se tape Louise Bourgoin quand même, cool. Sur scène il se démène, court dans tous les sens, saute. Il arrive avec une cymbale dans chaque main, c’est Julien Aux Mains Dorées (ok facile), les cogne en sautant, et à chaque fois qu’il le fait, les filles hurlent.
Un nouveau morceau, « It’s The Deal », permet de constater que le bonhomme s’exprime dans la langue de Shakespeare avec le même accent qu’un élève de 14 ans qui fait sa troisième cinquième. Pourtant il semble bien s’orienter vers le chant dans la langue internationale, dans le but de faire carrière à l’étranger ?
Voilà qui serait un peu présomptueux. Parce ce que si Julien Doré a une indéniable sphère artistique, et qu’il mouille la chemise (au point de devoir l’ouvrir, au bonheur des dames… enfin des damoiselles), il semble tellement déborder d’idée qu’il en oublie l’essentiel : faire de bonnes chansons. Ses compositions sont résolument rock, et certains arrangements sauvent l’ensemble. Ce sont eux par exemple, qui font de « Les Limites » le tube le plus évident de son répertoire. Parce que « First Lady », avec ce riff tout con, est vraiment faible, comme beaucoup d’autres morceaux. Sur celle-ci d’ailleurs, il décide de monter la structure sur le côté de la scène. Il monte trois mètres, puis redescend. Ca n’a servi absolument à rien. Comme si il avait lui-même conscience qu’il lui fallait absolument faire le spectacle pour compenser la faiblesse de ses morceaux.
Ses(nombreuses) ballades, ne sont guère plus emballantes. Elles sont bien orchestrées, un peu à la Radiohead (j’ai bien dit un peu), mais perdent toute substance dès qu’il se met à chanter, puisqu’on ne comprend rien à ce qu’il raconte. Il en fait sans doute trop dans l’attitude, et dans la voix, à toujours chercher à placer une note originale. Un peu à la manière de sa réinterprétation de « Moi, Lolita », qu’il a la bonne idée d’écourter.
Quelques moments sympathiques tout de même, comme « I Wanna Go To Winnipeg With You », titre le plus marquant grâce à un riff entêtant, et un refrain martelé (toujours la même phrase). Anaïs vient y faire un featuring… enfin, un acte de présence, Julien Doré l’ignorant quasiment. C’est son concert, il profite de son public de pré-pubère qui s’est écrit son nom au marqueur sur la poitrine. Et surtout, il fournira un élément de réponse à la fameuse question de ce festival : « est-ce qu’il faut appeler les spectateurs des Francofolies des francistes ? ». En effet, il demande aux gens de clamer « Franco ! Franco Franco ! ». Ce qu’ils font. Peut-être pour souhaiter la bienvenue à Olivia Ruiz, qui arrive après sur la même scène…
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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