|
Just Jack : Rock en Seine 2009
Pas facile d'entamer les hostilités sur la Grande Scène de Rock En Seine. Mais pour ce premier jour de festival, toutes les conditions sont réunies. Il fait très beau, et un petit vent vient rafraîchir les esprits qui pourraient s'échauffer à force d'abus de la formule chaleur + boisson alcoolisée, et faire oublier le soleil à d'autres, qui se retrouveront avec de magnifiques paires d'épaules rouges lundi au boulot. On imagine la conversation devant la machine à café :
- Ouah t'as pris des couleurs ! T'es parti où en vacances ? Seychelles ? Maldives ? Côtes d'Armor ?
- Non non, le domaine de Saint-Cloud, oui monsieur !
Alors forcément l'ami Just Jack a le gros smile quand il arrive sur scène, découvrant les milliers de personnes parées à se trémousser au rythme de ses chansons funk-hop. Il faut dire qu'il a la formule pour faire encore plus bouger les cheveux que dans une pub l'Oréal, en commençant direct par son tube « Writer's Block ». Sa voix se fait un peu violence et devient plus entraînante que sur album, où il met un point d'honneur à adapter le légendaire flegme britannique à son flow. L'attitude de blasé de la vie pas remis de la cuite de la veille a disparu pour un petit gars tout simplement heureux d'être là. Sa choriste l'accompagne de pas de danse, secouant sa petite robe à carreaux sur les mélodies funky de la formation. Pratique cette petite robe d'ailleurs. Comme ça si juste après le concert elle veut aller se faire un pique-nique dans le parc, hop on retire l'habit et le tour est joué !
Les spectateurs ne restent pas insensibles au groove assez implacable des compositions de Just Jack, à l'instar de le la dansante « Starz In Their Eyes ». Ca danse dans tous les coins, surtout les filles, qui grâce au soleil ont arboré les minishorts en masse. Ca se trémousse, le doigt en l'air, et en cherchant à bien capter l'attention des caméras, histoire d'être filmée et de se voir ainsi sur les deux écrans géants placés de chaque côté de la scène. Sur celle-ci justement, ça continue à prendre son pied, le sourire ne quittant à aucune seconde le doux faciès du frère Jack. Oui doux faciès, parce que même si le programme officiel de Rock En Seine le décrit comme un «bad boy de Londres, loose tranquille, histoires d'amour foireuses et canettes de bières à l'arrêt de bus », on a du mal à s'imaginer ce charmant jeune homme en hooligan. Ca serait plutôt le genre à s'être fait racketté son fish and chips tous les samedis soirs quand il était adolescent, et à rentrer en pleurant chez sa mère en réclamant un lait-vanille chaud pour être consolé.
Mais le lait-vanille, ça a dû sacrément l'inspirer, puisqu'il livre un set complet, sans temps mort, avec une flopée de morceaux au potentiel assez énergique pour transformer la pelouse en dancefloor géant. Son dernier opus, All Night Cinema, est bien entendu bien représenté, mais ce sont encore les titres tirés de Overtones, comme la très bonne « I Talk Too Much », qui emportent le plus de succès au boulomètre. Qu'est-ce que le boulomètre ? Et bien comme l'applaudimètre, c'est un instrument de mesure du succès d'une chanson. Mais plutôt que de comptabiliser le volume sonore produit par les applaudissement nourris ou affamés de la foule, il s'agit là de regarder le nombre de boules qui se secouent, en notant sur 10 unités sur l'échelle de Rocco. Pourquoi l'échelle de Rocco ? Parce que Rocco Siffredi est sans doute l'homme qui a secoué le plus de boules au monde.
Et à ce petit jeu, Just Jack remporte grâce à sa belle partouze musicale -où hip-hop lèche funk en prenant en levrette l'électro- une note plus qu'honorable de 7 sur l'échelle de Rocco.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
|