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Justice – Vieilles charrues 2007
On pressentait, depuis peu, que la fée électro était bien au-dessus du berceau de Justice et veillait à ce que le duo français devienne « Le » groupe électro du troisième millénaire. Après ce concert d’anthologie aux Vieilles charrues, il n’est plus permis de douter, elle est bien présente et en plus, elle est très motivée…
Y a-t-il encore une personne sur la planète Terre qui s’intéresse, un temps soit peu à la musique électro et, qui ne connaisse pas Justice ? Le duo français est actuellement « victime » d’un buzz comme on n’en pas eu depuis l’effet Daft punk. Pour les autres, on rappelle que Gaspard Augé et Xavier de Rosnay ont sorti cette année leur premier album, après avoir travaillé plusieurs années sur les remix de gens comme Franz Ferdinand, Soulwax, Fatboy Slim, Britney Spear ou… Daft punk, entre autres. On vous invite à vous précipiter sur ce cd, il est particulièrement excellent.
Et ce soir, ils sont aux Vieilles charrues, histoire de réveiller une journée à la programmation un peu molle. N’ayant jamais peur du grand écart, les programmateurs ont placé Justice juste après un fest-noz (!!!) et sur une petite scène, en plus. Mais notre fée Electro n’a visiblement pas apprécié. Ok, elle n’a rien pu faire pour le fest-noz, on est en Bretagne quand même (et puis c’est vraiment drôle de danser en se tenant par le petit doigt…Essayez !). Par contre, elle a fait appel à son pote, Mister Destin. Et hop ! Une annulation par ici, un changement de plateau par là et, voilà nos amis sur la grande scène. Et, ce n’est que justice (ouais, c’est facile…). Histoire de corser le tout, Madame la pluie (qui préfère Digitalism sûrement !…) s’est invitée. Résultat, un décor d’apocalypse, boueux.
Ce soir, nous avons droit à un concert dit « DJ set », en opposition avec la version Live qui aura lieu, si tout va bien, au festival « La Route du Rock » à St Malo en août. Cela promet car ce soir, visiblement heureux de se retrouver sur la grande scène, Gaspard Augé et Xavier de Rosnay nous font le grand jeu et (ré)interprètent l’album en le triturant, en allongeant les boucles, en le concassant. À la fin, ce ne sont plus des morceaux mixés les un après les autres, mais une jouissive bouillie de sons faramineux, incroyablement maîtrisés. Le son est énorme, les lumières aveuglantes. On s’en prend plein la tronche. Il n’en fallait pas plus pour que le public devienne fou : même dans les plus petits recoins, cela danse (enfin façon de parler, nous sommes loin du menuet…), cela saute dans la boue, cela pousse des hurlements tribaux sous la pluie. C’est simple, même dans les toilettes, la musique de Justice rend fou (on vous passe les détails…). Les fans hardcore s’écrasent contre la scène, en vagues successives, des crucifix à la main et, les derniers cadavres imbibés d’alcool, dormant dans la gadoue se lèvent et se mettent à gesticuler. Bref, on nage dans l’hallucination collective, la parfaite osmose entre la musique et les éléments. Le bordel quoi…. C’est simple, cinq degrés de plus sur le thermomètre et, tout le monde se retrouvait à poils.
Ce soir, Justice nous en a foutu plein les yeux et les oreilles, en y ajoutant la pluie, la boue, les drogues et les fêtards des Vieilles charrues. Nous avons vécu un concert d’anthologie, de ceux que l’on racontera plus tard à nos petits-enfants, la larme à l’oeil en radotant : « Justice aux vieilles charrues ? Moi, j’y étais… »
Frédéric Fahy
Frédéric Fahy
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