|
Kaiser Chiefs : Rock en Seine, jeudi 28 août 2008
Domaine de St Cloud, 20h. Grande scène du festival Rock en Seine. Pris en sandwich entre Serj Tankian et la tête d’affiche, R.E.M., dans une programmation qui ressemble bizarrement à un décrescendo d’intensité (passé du black metal à violoncelles d’Apocalyptica au soft rock propret des Géorgiens), les Chiefs de Leeds ont livré comme à leur habitude un set énergique qui n’a pas déçu – et qui a certainement glané quelques nouveaux fans parmi les oreilles curieuses qui traînaient.
Après une entrée sur scène sans chichis sur les cuivres vintage d’un vieux classique de soul, les Anglais assènent sans sommation « Everything is average nowadays », single particulièrement bien enlevé extrait du dernier album en date, Yours truly, angy mob, dont la montée en puissance trahit rapidement les ambitions de rengaine de stade. « Everyday I love you less and less » suivra sans plus de fioritures, exécuté dans cette urgence propre aux festivals, où l’on n’a qu’une heure pour convaincre un public pas forcément acquis (c’est d’autant plus vrai pour Paris).
Ce n’est qu’après « Heat Dies Down » qu’un Ricky Wilson déjà en sueur daigne enfin faire les présentations : « Nous sommes Kaiser Chiefs ! » Il faut dire que le bougre a déjà arpenté la scène de long en large dans une hystérie bondissante à faire pâlir un marsupilami cocaïnomane, escaladant même la scène par la face Est ou martyrisant au passage quelques pieds de micro qui finiront leurs jours violemment précipités par terre ou dans la fosse des photographes. « Ruby », unique extrait du deuxième album à avoir connu l’honneur d’un matraquage en bonne et due forme sur nos ondes, réveille un peu la foule et élargit la frénésie au-delà du noyau dur de fans agglomérés dans la fosse. Le quintet ne ménage pas ses efforts et aligne une impressionnante série de tubes : « Modern way », « Na na na na naa », « I predict a riot » ou « The angry mob » sont autant d’extraits solides d’un répertoire jusqu’ici des plus convaincants. Et ce ne sont pas les trois morceaux inédits dont ils nous gratifièrent – parmi lesquels le nouveau single « Never miss a beat » – qui nous feront changer d’avis.
Le concert s’achèvera sans surprises sur un « Oh my God » dantesque, où un Ricky Wilson essoufflé (c’est la dernière date de leur tournée des festivals d’été et ça se sent) trouve encore l’énergie d’escalader les amplis et haranguer une dernière fois la foule en délire. A un peu plus d’un mois de la sortie d’un troisième album très attendu (coproduit, entre autres, par l’omniprésent Mark Ronson), les Kaiser Chiefs confirment leur bonne forme.
Michael Rochette
Michael Rochette
|