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Kanye West : Main square festival, 3 juillet 2009
Alors que la plupart des artistes présents vont se la jouer relativement sobres pour les décors, Kanye West va sortir le grand jeu et nous faire le coup du show à « l’Américaine ». Pari réussi, nous en avons pris pleins les yeux. Maintenant, côté musique, c’est autre chose.
On ne sait pas ce que prennent les roadies du Main square festival, mais visiblement c’est fort. Et oui, il ne leur faut qu’une vingtaine de minutes pour changer les décors, amener sur scène les instruments, régler le son et sûrement réviser pleins d’autres trucs techniques que le journaliste rock d’investigation ne connaît même pas. Alors quand on doit attendre presque une heure pour le concert de Kanye West, on se dit que nous allons avoir quelque chose d’énoooooorme. Et nous avons raison.
En gros, pour la faire courte, le décor se compose principalement de plaques de métal réfléchissant en forme de cristaux auquel sont ajoutés des plateformes un peu partout. Un écran géant style hyper 16/9e dans le fond et encore derrière, de nouvelles plaques. L’ensemble donne un effet paysage de science fiction des années 70 assez top.
La lumière s’éteint, des éclairages colorés se reflètent sur le décor, il y a de la fumée partout, le son est assourdissant. Bref, on se prend la grosse claque. Les musiciens arrivent et se cachent… derrière le décor !!! Sympa pour eux. Sur l’écran vidéo, des infographies en 3D très colorées avec encore des cristaux. Puis Kanye arrive, monte sur une des plateformes sur la droite. Même avec le fait que le soleil ne soit pas encore tout à fait tombé et gâche un peu les effets de lumière, il faut l’avouer l’arrivée du rappeur est un vrai truc de fou. De plus, derrière son pied de micro, avec les Ray Ban et sa façon de bouger, ce mec à la totale classe.
Le problème, c’est que sur sa plateforme, Kanye West s’y sent vraiment trop bien. Et du concert, il n’en bougera pratiquement pas. Et ce ne sont pas les quatre danseuses aux seins nus qui vont le faire changer d’avis. En fait, quand on parle de danseuses, on a plutôt affaire à des potiches qui se pâment autour de notre rappeur sans bouger ou enchaînant des poses lascives assez ridicules. Sur un titre ou deux, c’est plutôt sympa, mais sur pratiquement tout le concert, c’est grotesque. Même si c’est très esthétique !
Bon et la musique là-dedans ? Comme pour son dernier album, Kanye West nous fait l’overdose de vocodeur. Et c’est bien dommage car lorsque le rappeur se rappelle qu’il a la possibilité de s’exprimer sans le gadget, on s’aperçoit que son flow et sa voix sont d’un niveau assez haut, surtout sur les titres R&B. Merde, c’est Kanye West, quand même, il n’a pas besoin de cela pour nous faire savoir qu’il est un artiste aventureux ! A noter que même les choristes ont droit à l’effet un brin kitch. On dirait qu’ils chantent faux, c’est aberrant, non ?
En résumé, si visuellement parlant, il n’y a rien à dire, on regrette que lorsqu’il trouve un effet (les danseuses, le vocodeur, la plateforme…), il s’y tient et n’en change pas durant tout le concert. A la fin, c’est un peu lassant et le public a une grosse tendance à décrocher et se diriger vers la sortie. Dommage.
Frédéric Fahy
Frédéric Fahy
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