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Kaolin : Vieilles charrues 2007 ( Discograph )
Les choses ont bien changé pour les montluçonnais de Kaolin en quelques mois. Considérés comme les français lors de la sortie de leur premier album puis perdu dans le paysage rock alambiqué français, Kaolin est devenu, le temps d’un single, un groupe FM que tout le monde connaît grâce à « Partons vite », une « la-la-la-la song » ultra sucrée.
Cette nouvelle considération ne change pas le groupe pour autant. Kaolin, pour son set, garde un côté sombre et « noisy », et tant pis pour ceux qui viennent pour de la pop édulcorée. Leur single à succès « Partons vite » est un ovni dans la discographie du groupe mais aussi dans la set list du concert.
Rickenbacker à la main, la puissance déployée par le groupe est impressionnante. Le coté « noisy », bien qu’étouffant, est prenant mais nécessaire pour créer cet univers clair-obscur propre au groupe. Porteur d’une esthétique musicale très poussée, Kaolin passe de la power pop rageuse à un post-rock mélodique remplit d’une tristesse ténébreuse. Guillaume Cantillon et les siens n’ont pas changé leurs habitudes scéniques. Être assez distant avec le public pour ne pas confondre affect avec sentiments est à priori le mot d’ordre du concert. Les seules prises de paroles, pour chauffer le public, sont assez brèves et manquent d’intérêt. Le groupe vient là pour jouer et non pour se faire des amis.
A l’image des « Queens of the Stone Age », Kaolin enchaîne les morceaux dans une ambiance suffocante type, immersion totale dans une cave sans persiennes. Le public est,soit ballonné par ce bruit indigeste et préfère se ruer sur une saucisse frites, histoire de se finir, soit hypnotisé par les sonorités fulgurantes de cette incroyable avalanche rock.
Un concert de Kaolin peut décontenancer les novices qui ont découvert le groupe à la radio mais, sait aussi mettre dans une transe extatique les amoureux de post-rock ou de rock obscur. Bref, Kaolin n’a pas changé malgré le succès.
Alexandre Blomme
Alexandre Blomme
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