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Kasabian : Festival Beauregard (John3), 1er juillet 2011
Depuis douze ans que le groupe de Leicester pratique une politique de pilonnage intensif, tournant hiver comme été, sa présence dans ce genre de festival n’aurait pas du surprendre grand monde. Pourtant, à la veille de la sortie de son quatrième album, Velociraptor!, il s’est présenté avec un étonnant mélange de classe et d’humilité.
Depuis la sortie de l’impressionnant West Rider Pauper Lunatic Asylum, Kasabian a trouvé comme un second souffle pour éviter le retour de bâton qui, ces dix dernières années, a enterré prématurément un trop grand nombre de groupes anglais auxquels on promettait un avenir radieux. Avec Kaiser Chiefs ou Arctic Monkeys, le quintette (depuis que le guitariste et gendre de Ringo Starr, Jay Mehler, le batteur Ian Matthews ont été officiellement intégrés) a réussi à durer plus que les deux ou trois albums de rigueur et c’est tout à son honneur. D’autant qu’il a même perdu son principal compositeur et guitariste, Christopher Karloff, en chemin. Cela étant, sans vouloir vexer le bassiste Chris Edwards, présent depuis le départ, Kasabian reste un groupe bicéphale, partagé entre les personnalités très distinctes de Tom Meighan et Serge Pizzorno, respectivement chanteur et guitariste-chanteur. C’était particulièrement évident sur la scène de Beauregard. À tel point qu’on pouvait même se demander parfois comment les deux hommes arrivent à cohabiter surtout lorsque Meighan abandonne la scène à Pizzorno pour son quart d’heure de gloire psychédélique (façon Stone Roses) à souhait. Le bras de fer semble malgré tout plutôt bon enfant, Meighan ayant opté pour une attitude d’une rare condescendance tant envers ses collègues qu’envers le public, au lieu de faire la gueule comme à son accoutumée. Bien que l’accueil soit tout au plus poli, dans un premier temps, même avec une salve de hits en puissance (“Club Foot”, “Shoot The Runner” ou même le puissant “Velociraptor!” du nouvel album…), le chanteur le remercie comme s’il vivait le moment le plus intense de sa carrière. Cela finira même par payer, L’ambiance devenant de plus en plus surchauffée à partir de “Empire” et surtout “Fast Fuse”, avec l’obligatoire parenthèse instrumentale “Misirlou” (de Dick Dale, popularisé par le film Pulp Fiction). Après un “Fire” final bien nommé, on en aurait même redemandé, mais le festival tient à ses horaires, d’autant qu’il laisse la plupart des groupes s’exprimer largement plus longtemps qu’ailleurs. On n’attend plus que l’accueil de l’album, dont le groupe a joué un autre extrait, “Switchblade Smiles”, pour confirmer que la prochaine fois le groupe aura sa place tout en haut à Beauregard ou ailleurs. Texte et photo :
Jean-Pierre Sabouret
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