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Katie Melua : Olympia, Le 06 Juin 2011 ( Naïve )
La jolie petite fée britannico-géorgienne a enchanté l’Olympia avec son timbre magique, à la fois puissant et éthéré, manquant seulement un peu de sensualité…
Avec son minois parfait, ses grands yeux gris pétillants, son sourire franc et ses longs cheveux de jais bouclés, Katie Melua a, depuis longtemps, séduit tous les mâles de cette planète. Les demoiselles, elles, sont tombées sous le charme du mélange improbable de sa candeur physique avec un organe vocal d’une force et d’une pureté exceptionnelle. Entre chanson, folk, electro et rock (toujours côté balade, on ne danse pas la tête dans les baffles à un concert de Katie Melua), la jeune femme d’aujourd’hui vingt-six ans a cartonné avec chacun de ses quatre albums. Et, comme de bien entendu, ses deux Olympias étaient bourrés à craquer, complets depuis bien longtemps.
Dés que l’on rentre dans la salle, le ton est donné. Des sièges partout, c’est donc un concert assis, où la moyenne d’âge atteint tranquilement les quarante-cinq ans. Le public est sur son trente-et-un, un peu comme si on allait voir un opéra. Tout commence avec la voix planante de Katie sur The Closest Thing To Crazy, single de son tout premier album. Au bout de quelques minutes, le rideau s’ouvre sur la chanteuse postée, guitare en bandoulière, sur une estrade en milieu de scène. Après ce morceau d’introduction, la belle descend vers nous, entourée de quatre musiciens, un batteur, un violoncelliste-bassiste, un clavier et un guitariste électrique dont on ne devine pas le visage tant sa touffe de cheveux bouclés version caniche abricot lui tombe tout autour de sa tête. Katie est entièrement vêtue de noir, caraco en dentelle et jupon court et bouffant à la Tim Burton. Elle enchaine avec une reprise des Cure, Just Like Heaven, avant de continuer avec un ancien morceau, If You Were a Sailboat, illustré en fond par la vidéo géante d’un bateau à voile qui vogue au milieu des étoiles.
Sa tournée s’appelant The House Tour, du nom de son dernier album, Katie explique qu’elle va dorénavant interpréter de nouveaux titres. Comme The Flood, pour lequel elle laisse sa guitare. Derrière elle, de beaux hommes musclés et huilés en boxer noir dansent sur un film très sympathique. Elle remonte alors sur l’estrade pour chanter l’amusant Tiny Alien, illustré par une vidéo de mignons petits Space Invaders. Parce que Paris est « the city of love », comme elle le souligne, elle décide de se lancer dans son sulfureux I’d Love To Kill You… with a kiss. Et c’est là qu’une première toute petite déception pointe. Oui, sa voix est hors norme. Mais au niveau du langage corporel, cela manque tout de même cruellement de sensualité et de fluidité. La douce est raide comme un piquet, pas gracieuse pour un sou.
Katie continue son délire entre Edgar Allan Poe et Vincent Price avec A Moment Of Madness, un peu plus cabaret, puis avec la reprise de Bill Monroe (elle explique alors à quel point elle adore faire des reprises, mais on s’en serait douté), The Only One I Love Is Gone. Pour Perfect Circle, ses musiciens s’offrent des solos de guitare électrique et, surtout, de piano joliment free jazz. Brillant, mais ils s’en vont pour qu’elle chante, seule, la reprise de Jeff Buckley, Lilac Wine. Puis ils reviennent, accompagnés d’une jeune fille blonde à la coiffure blonde frisée improbable et en robe fourreau noire et en dentelle, Beth Rowley. Ensemble, les deux chanteuses se lancent dans What a Wonderful Word. Une très belle interprétation au niveau vocal mais des plus décevantes visuellement parlant puisqu’on a l’impression d’être face à deux débutantes godiches, qui ne savent pas quoi faire de leurs corps donc qui n’en font rien.
Le show suit son cours avec le rock-a-billy Going Up The Country (reprise de Canned Heat), le sulfureux God On The Drums, Devil On The Bass. Puis, c’est au tour de The House. Katie remonte sur son promontoire et de la fumée enveloppe toute la scène pour un effet des plus vaporeux. Arrivent Red Balloons, plus pop, Plague of Love, belle ballade, Call Of The Search, plus jazzy, Twisted, assez électrique, A Happy Place, nouvelle ballade et, enfin, le swing psychédélique My Aphrodisiac Is You, pendant lequel des bulles de savon grises, remplies de fumée, descendent du plafond sur la scène. Magique. Pour le rappel, Katie revient avec son tube Nine Million Bicycles, reprend le titre de Janis Joplin Kosmic Blues avant de terminer, seule à la guitare avec le sublime I Cried for You.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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