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Katy Perry : Le Zénith (Paris), 8 mars 2011 ( EMI )
Si, à en croire le cortège de suiveuses qu'elle se traîne, Lady Gaga a définitivement posé sa patte géante sur la pop culture, elle a aussi redonné à ses homologues le goût du show bien ficelé. Exemple : Katy Perry !
Pour qui a assisté au premier show parisien de Katy Perry à la Maroquinerie (500 places), l'arrivée dans un Zénith plein à craquer (5000 places) – et ce pour le deuxième soir de suite – a de quoi laisser pantois. Pour qui l'a connue avant le carton de "I Kissed a Girl", c'est-à-dire en mode pré-idole indie-pop qui jouait encore de tous ses instruments sur une scène de même pas 10m², voir Katy Perry taper des chorés avec une demi-douzaine de danseurs dans un décor de confiserie géante dont la superficie avoisine les dix fois son propre appart' peut surprendre. Toujours est-il que cette transformation en diva pop sied plutôt bien à la jeune femme, qui fait désormais jeu égal avec les Rihanna, Britney, P!nk et autre Gaga. C'est d'ailleurs à cette dernière qu'on pense immanquablement : car plus qu'un simple concert, le California Dreams Tour de Ms. Perry est un show complet regroupant musique, danse, acrobatie, light show et performances diverses, le tout lié par un fil rouge narratif vaguement inspiré du Magicien d'Oz et Alice au Pays des Merveilles.
Mais derrière le décor en barbapapa, les choses ne sont pas forcément aussi roses qu'elles semblent l'être (sinon ce serait trop facile) et la brunette le résumera bien en une phrase, ne laissant aucun doute sur le second degré de l'entreprise : "tout est rempli de douceurs, mais trop de douceur peut finir par vous rendre malade". Hélas, vu l'âge moyen dans la salle (14 ans) et le niveau général d'anglais dans les classes de quatrième, ce second degré a dû largement passer inaperçu. Heureusement qu'il reste les vidéos et autres images parfois anxiogènes pour déceler le vrai caractère déviant de ce coma diabétique en puissance. En cela, le concert se rapprochait dans sa démarche du Monster Ball de Miss Gaga.
Katy Perry est donc désormais une pop star – et une bonne, en plus. Aux bidouillages encore artisanaux de l'album One of the Boys ont succédé les grosses machines synth-pop de Teenage Dream, et avec elles le cadre adéquat pour leur donner vie sur scène (on notera d'ailleurs qu'à l'exception des quatre singles, le premier album sera totalement éludé). Chorégraphies, costumes et mises en scène millimétrées, Katy Perry joue dans la cour des grandes et chaque nouvelle chanson est l'occasion de dessiner sous les yeux du public ébahi un nouveau tableau, comme dans un spectacle de Chantal Goya (en nettement plus désaxé). Parmi les numéros les plus spectaculaires, on retiendra "Peacock" et sa robe transformable en queue de paon ("peacock" en anglais, donc), "I Kissed a Girl" et son intro version piano-jazz en robe du soir verte à paillettes (un frisson d'effroi s'empare temporairement du Zénith : comment faire pour danser si elle ne fait pas la "VRAIE" version de la radio ?!? – ah ouf, elle l'a faite !), la choré tragique et poétique de "Who am I living for?" où Katy se débat avec des rubans, les trapézistes sur "Pearl", la magnifique robe "écran de ciné" sur un "Not like the movies" chanté d'une balançoire dans un lâcher de bulles remplies de fumée, le passage "juke-box acoustique" où accompagnée de trois musiciens elle reprendra "des trucs de la radio" (Rihanna, Jay-Z, Willow Smith et – ah, tiens ! – Lady Gaga) et surtout un impressionnant numéro de transformisme où elle changera plus d'une demi-douzaine de fois de tenue en chantant "Hot'n'Cold" (après tout, l'accroche du morceau n'est-elle pas "You change your mind like a girl changes clothes" ?). En bref, un vrai show dans la grande tradition américaine, magique et carré, comme on n'en voit plus si souvent ces temps-ci.
Et lorsqu'au terme du rappel, la fosse se sera faite doucher à la pluie de confettis dorés, c'est un véritable essaim de wannabe-California Gurls qui quittera le Zénith dans un nuage de sucre candy et d'œstrogène.
Michael Rochette
Michael Rochette
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