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Keane : Rock en Seine 2009
On a beau dire que U2 est en perte de vitesse et vit ses derniers (bons) jours, ou que Coldplay ne fait que servir de la soupe populaire, ce premier jour de Rock En Seine aura permis de prouver à quel point ces deux groupes constituent avec Radiohead, Muse et quelques autres, une élite, capable de faire chavirer les foules, faire danser les stades et faire chanter les téléphones portables.
Mais comment le festival parisien est-il parvenu à faire réaliser cela à des milliers de personnes sans pour autant que l'un de ces groupes ne soit à l'affiche ? Tout simplement en programmant Keane sur la scène de la Cascade. Une chanson comme « Perfect Simetry » vient très vite prouver que le trio (devenu quatuor pour le live) rêve de faire comme la bande à Bono, avec des oh-oh que peuvent reprendre une foule en liesse.
Et ça marche, car dans les premiers rangs, un bon paquet de fans est à fond avec le chanteur Tom Champlin (rien à voir avec Charlie), qui le leur rend bien. Quand il ne va pas se percher sur les retours en bord de scène (et de Seine aussi tiens) pour haranguer la foule, il marque le rythme de ses chansons en tapant ses jambes par terre, ce qui donne l'impression que le gaillard est fixé sur un tapis roulant imaginaire. En tout cas il en aura fait des kilomètres pendant son concert ! Et ça le rend tout rouge, sa bonne bouille lui donnant un air de tomate géante sur pattes, mais permettant au passage au technicien vidéo de régler les couleurs des écrans géants. Blague à part, la formation anglaise se donne à fond, et les amateurs du groupe sont ravis.
Les autres un peu moins, vidant leur bière en attendant que se termine la prestation de ce « Coldplay du pauvre ». En effet la formation est bien moins inspirée, et laisse assez pantois avec le single « Spiralling », funky, avec effets et « oh » façon yo-yo. Se voulant dansant, le morceau permet au groupe d'atteindre 4 sur l'échelle de Rocco, et constituera pour l'ambiance l'apogée du set, en compagnie du tube à l'intro The Edgienne « Is It Any Wonder ? ».
Le reste fait la part belle (Hélène) aux ballades, avec le single « Somewhere Only We Know », qui les a révélés au grand public, en point d'orgue, même si l'ami Tommy a du mal à la chanter. Il faut dire que tous ces exercices sous cette chaleur, ça n'aide pas à garder son souffle ! Et Keane n'en aura pas manqué, mais n'aura pas été époustouflant. Il leur reste même beaucoup de marches imaginaires à franchir pour se hisser au niveau des monstres sacrés dont ils s'inspirent. Mais bon, c'est mignon...
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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