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Les Fatals picards : l'Alhambra 29 octobre 2010 ( Warner Music )
« 10 ans de Fatals Picards, alors on joue 10 chansons ». Première vanne d'une longue série. Les sourires sont vissés sur tous les visages, et sur scène les quatre musiciens ne sont pas en reste.
Après une intro « melting pot » de leurs chansons, ils rentrent direct dedans avec « Amelie Poulain ». Et là les gens chantent, dansent, sourient. Le gros problème de la « chanson festive française », ce sont ce que le philosophe Didier Super a appelé « les fans à la con ». Ils ne pensent qu'à être bourrés, gueuler des conneries entre chaque chanson, et n'en réclamer qu'une pendant une heure. Xavier Lacouture, qui faisait la première partie, a dû se rendre compte du phénomène, puisque se produisant devant un brouhaha insupportable. Mais maintenant tout le monde est concentré pour capter la multitude de jeux de mots rigolos qui sont servis sur scène, d'autant plus qu'il y a de la nouvelle chanson.
Spéciale dédicace pour Sexion d'Assaut : « Coming Out ». Pour ceux qui manifestent dans la rue avec plein de fringues à l'effigie du Ché Guevara : « Hasta Siempre ». Pour les sportifs qui se dopent à l'insu de leur plein gré comme Ricard Virenque : « Quelqu'un A Mis Quelque Chose Dans Mon Verre ». Les Fatals taillent plus de costards qu'Yves Saint-Laurent. Tout le monde en prend pour son grade, et la formule est d'autant plus efficace que les mélodies sont au service du texte. Les chansons se retiennent facilement, et même pendant l'intermède acoustique en milieu de concert, ça va continuer à chanter dans le public.
L'instant se veut un peu plus solennel, avec des textes plus nostalgiques comme « Canal Saint Martin » ou dénonciateurs comme « Chinese Democracy » dédicacé à David Douillet. Quand le batteur Jean-Marc prend son tour de chant pour « Mon Père Etait Tellement De Gauche », les choeurs du public redoublent, les sourires reviennent, et restent affichés avec une chanson sur le rasta qu'est Yannick Noah.
Le plus grand costard, leXXXL, est bien entendu pour Superbus, moqué sur « Boum » à cause de la ressemblance avec les paroles, puis sur un couplet de « Princes du Parc ». Un morceau sur lequel quelques « fans à la con » lèvent leurs bières, genre « ouais on parle de nous ». Hum, sauf que les paroles, c'est « quand l'homme descend du singe, toi tu descends une pinte ». Ils comprendront peut-être demain...Tout cela passe décidément trop vite, et après avoir repris en choeur les refrains des tubes « Seul & Célibataire » ou « Goldorak », c'est déjà la fin de set, amorcé par une autre nouvelle chanson, qui parle des... enfants congelés.
L'ambiance, elle, reste chaude, et le rappel est vite obtenu. D'abord la chanson qui tombe pile poil pendant ces périodes de grève, « Le Combat Ordinaire », puis « Bernard Lavilliers », la chanson délirante faisant du chanteur un MacGyver globe-trotter, avant une chanson en forme de « Rock Connection » de Laurent Voulzy. Basé sur le même modèle, le titre reprend notamment la Mano Negra à un moment, mais surtout le « Comme Elle Vient » de Noir Désir, et putain, à voir comment ce passage a retourné la salle en 2 secondes, c'est peu dire que le retour des bordelais est attendu d'un pied aussi ferme que la main de Bertrand Cantat !
Le groupe repart, mais revient une dernière fois, avec « C'est l'Histoire d'une Meuf », qui là moque les Enfoirés, puis « L'Amour à la Française », leur chanson qui avait servi à l'Eurovision et sur laquelle reviennent leurs deux anciens complices qui ont quitté le groupe (Ivan, le chanteur originel et fondateur du groupe, n'aura en revanche pas été de la partie). Pour finir, c'est la fameuse chanson que tout le monde réclamait avant, mais qui ne l'est plus parce qu'on sait qu'ils vont forcément la jouer, « Punk A Chien », qui est lâchée et finit une soirée où les gorges se seront autant déployées que les rires. Joyeux anniversaire les Fatals !
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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