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Lily Allen/Just Jack : Le Zénith, 22 octobre 2009 ( EMI )
Plus qu'une première et deuxième parties, c'est presque une double affiche à laquelle on aura droit ce soir-là. D'un côté, Just Jack, self-made man disco-pop à mi-chemin entre The Streets et Jamiroquai ; de l'autre Mademoiselle Lily Allen, qui étrennait ici sa toute nouvelle configuration spéciale "grandes salles". Le meilleur du Royaume-Uni pour une British Invasion version 2.0.
Bien qu'il jouisse d'une bonne réputation auprès des connaisseurs français, Just Jack ne jouait pas forcément en terrain conquis ce soir-là (il n'y avait qu'à voir la foule statique alors qu'il commençait direct avec un de ses plus gros tubes, "Writer's Block"). Ça ne rendra sa prestation que plus méritoire. Car le temps de se caler un peu, c'est-à-dire les excellents "253" et "I talk too much", et tout le Zénith décollera à l'unisson sur les grosses basses discoïdes de "Doctor Doctor", deuxième single de son dernier album en date, All Night Cinema. Pour ne jamais vraiment redescendre. D'autant que l'Anglais, en t-shirt/jean/baskets (pas franchement une tenue de gala) s'amuse avec son auditoire, citant au mélodica le gimmick du "Drop the Pressure" de Mylo au détour de "No Time" ou le refrain de "99 Red Balloons" de Nena à la fin de "The Day I Die". Le public en redemande et passera toute la fin du set debout (pour les tribunes), à frapper dans les mains et remuer frénétiquement sur le final où s'enchaîneront coup sur coup deux bombes au groove imparable : le classique "Starz in their eyes" et le tout nouveau "Goth in the Disco". Un véritable hold-up bouclé en neuf titres chrono. On a rarement vu un public aussi chaleureux pour une première partie...
Le contraste est d'autant plus troublant que pour Lily Allen, il restera… assis – alors que bon, vu la première partie, on s'attendait plutôt à l'hystérie. Pourtant la jeune femme est loin d'avoir démérité. Déjà, elle n'a pas mégoté sur le décor : une plateforme de deux étages, surplombée d'écrans géants, avec des escaliers en haut desquels elle fera son apparition, vêtue d'un habit noir et blanc pailleté, croisement entre un uniforme de meneuse de revue de cirque et une mini-jupe, autrement plus sexy que ses robes habituelles mais qu'on verrait quand même mieux sur Britney Spears. C'est peut-être là sa seule erreur : avoir vu les choses trop grandes et booké une tournée de salles à grosses capacités alors que le format moyen s'appliquerait mieux à ses pop-songs piquantes. Super light show, super décor, super musiciens, super son, super costume pour une prestation impeccable. Trop, peut-être. Ce qu'on aime chez Lily Allen, c'est son côté chipie, les aspérités sous la surface apparemment lisse. On aime l'entendre rire toute seule de ses blagues entre deux chansons, soulever sa jupe avant de sortir de scène, s'allumer une clope sur scène ou se casser la gueule de sa plateforme sur un final censé être classe…
C'est d'autant plus injuste que la set list était absolument irréprochable (à deux oublis près – avis perso de fan du premier disque). Savant mélange de ses deux albums, le concert nous aura baladé de "Everyone's at it" à "LDN", de "Back to the Start" (qui révèle sur scène d'impressionnants atours d'hymne pop) à "Him" (interrogation métaphysique sur Dieu façon Lily Allen annoncé comme le prochain single), en passant par la version française de "22" et son featuring de rigueur assuré par Ours ou un joli quart d'heure plus intime où l'on verra passer "Knock'em out", "Chinese", "He wasn't there", "Littlest things" et même la reprise de "Naïve" des Kooks, présente en face B de "LDN". De reprise il en sera d'ailleurs beaucoup questions puisque nous aurons aussi droit à "Oh my god" des Kaiser Chiefs (sur l'album Version de Mark Ronson) et le fameux "Womanizer" qui avait enflammé le net à la veille de la sortie d'It's not me, it's you.
Une sélection riche et pas des plus conventionnelles (elle nous jouera même une obscure face B), pas forcément du goût du public, qui passera donc la grande majorité du concert assis, bras croisés et mâchoire serrée, à attendre le tube qu'il a entendu 250 000 fois à la radio pour pouvoir enfin s'amuser ("Smile" ou "Fuck You", au choix). Un comportement absolument déplorable qui tend pourtant à se généraliser dans les salles françaises… À 60€ le single, ça fait un peu raide (nous on s'en fout, on n'a pas payé et on s'est éclatés – n'en déplaise aux deux connasses qui nous ont même engueulés parce qu'on était DEBOUTS À DANSER !).
Michael Rochette
Michael Rochette
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