|
Médine : Bourges 2009 ( Because music )
De gros coups de canons, un peu comme les 3 coups au théâtre, retentissent alors que la douce musique de Seal fait patienter les fans au Palais d’Auron. Les haut-parleurs crachent alors, tout d'un coup, la musique de 2001 Odyssée de l'Espace. Puis une voix narre la création des Black Panthers en 1968, avant de faire le parallèle avec l'histoire d’un certain rappeur du havre. Sur scène, 2 rappeurs lèvent le poing en l'air alors que Médine, en rappeur charismatique, apparaît assis sur un immense fauteuil en rotin noir illuminé, en plein milieu de la scène. Il n'y a pas à batailler, il y en a qui savent soigner leurs entrées !
Mieux, Médine nous offre un show taillé au cordeau. Avec ses potes du groupe Bouchées Doubles, Tiers Monde et Brav, il a créé comme toujours toute une chorégraphie qui colle parfaitement avec ses lyrics. Le trio bouge en totale coordination, ce qui offre une énergie supplémentaire à un rap déjà super pêchu.
Les slogans, percutants, sont également une des grande force de Médine, en live comme sur album. « On peut tuer un révolutionnaire, pas la révolution ! » fera scander le MC pendant toute l’heure du concert à un public plus que participatif. Les poings en l’air sont une constante de beaucoup de concerts de rap. Ici, c’est presque une religion !
L’arrivée sur le titre super efficace Self Défense continue en force avec Besoin de Révolution, premier single d’Arabian Panthers, dernier album du rappeur. Suivent les non moins énergiques Lyrical Bestial, Code Barbe et Don’t Panik. Médine ne cesse d’haranguer son public qui en redemande. Il se donne tellement à fond que pour Peplum, sa voix se casse. Et malgré ses efforts, il ne la récupèrera pas totalement avant la fin du concert. Le MC ne s’économise pas pour autant.
Il explique chacun de ses textes, comme les références à une violence toute métaphorique et lance des petits jeux : « je ne suis pas un rappeur anodin, je suis un rappeur engagé. Vous n’êtes pas un public anodin, vous êtes des panthères enragées ! » Et de demander à tout le monde de rugir, ça change des lancements de bras ! S’en suivent les titres très félins Arabian Panthers et Panther Blues puis son fameux Portrait Chinois. Là aussi, petite pirouette, au moment du « et si j’étais un rappeur, je serai Renaud », un ingénieux remix de Mistral Gagnant sort des baffles et Médine continue ce morceau plus perso seul sur scène, sous une lumière blanche. « Et si j’étais Médine, j’aurai peur qu’on m’assassine. » Des lumières aveuglantes suggèrent l’impact de balles. Enchaînement intelligemment trouvé pour son morceau sur les crimes d’état. Puis un bruit de barillet lance un jeu de chaise musicale en triangle entre les 3 MCs qui se partagent le micro pour un titre sur « le savoir est une arme. » Pour Arabospititual, Médine se retrouve à nouveau seul, ici sous des faisceaux de lumière façon cathédrale. Puis s’en suit un feu d’artifice de morceaux, « melting-potés », des tous les albums précédents réunis. Pour terminer, tout naturellement, avec une acclamation pour le tour de force.
Adeline Lajoinie
Photo : Hervé Ali
Lajoinie Adeline
|