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Madness : Les Vieilles Charrues, Samedi 22 juillet 2006 ( V2 )
Les Vieilles Charrues, pour leur quinzième anniversaire, reçoivent les pionniers black & white de Madness. Forts d'un revival 2005 réussi après un retour raté en 1999 (leur album, « Wonderful », n'avait alors de wonderful que le nom...).
Du coup, les papys du ska s'offrent une entrée wagnérienne : la chevauchée des Walkyries prend en effet le public de plein fouet. Des soldats en costards de bluesmen et deux chefs de guerre, l'un en blanc, l'autre portant chapeau melon et complet rayé, démarrent aussitôt l'affrontement par un « One Step Beyond » qui met tout le monde d'accord et place la barre très haut question ambiance. Ce tube de 79, connu de tous, fait danser un public breton qui n'attendait que ça et il est immédiatement suivi par un titre des « Dangermen Sessions » (le dernier album en deux volumes du groupe), « Girl Why Don't You ? ». Mais le changement d'époque est un peu lourd : les nouvelles chansons, qui ne sont en fait que des reprises de vieux tubes accommodés à la sauce skamolo, ressemblent plus à de la summer music mainstream qu'au son fusion révolté des origines. Le combat sera donc pacifique : rien de bien original dans les titres ni dans le jeu de scène pépère des Madness. Seuls les anciens morceaux comme « House of Fun » ou « Baggy Trousers » ont le potentiel de faire bouger les festivaliers, les autres ne les poussant guère qu'à taper du pied ou à esquisser un vague swing. Même « Shame & Scandal (in the family) », single de l'été dernier, n'a rien d'exceptionnel musicalement parlant comparé à un « Our House » qui rend le public totalement dingue.Madness offre encore l'image d'une Angleterre fantasmée, celle des 70's avec manchettes à damier, premiers pantalons baggies, lunettes de soleil à montures énormes et colorées, ambiance « No Future » (pour une rébellion vite essoufflée), Lait Plus (du Drinkrom, celui bu par Alex dans Orange Mécanique), le tout baigné par un son et une musique sans limite. Mais ce deuxième retour, come-back en demi-teintes à coup de reprises trop molles pour se hisser à la hauteur du mythe, n'est pas loin de donner l'impression d'un dernier coup de fric avant une retraite dorée. Une prestation sympathique sans être aussi folle qu'on pouvait l'espérer : Keep Moving !
Alexandre Blomme
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