|
Missill : La Gaité Lyrique (Paris), le 27 mai 2011
Kawaï jusqu’au bout des couettes, Missill s’est offert un live sur-mesure, blindé de vidéos de sa composition, d’invités, complètement barré et énergique à souhait.
La jeune fille n’en est qu’à son deuxième album studio mais son expérience de la scène est abyssale. Cette petite reine des platines a sillonné le monde entier pour répandre ses bons sons dans toutes les oreilles adeptes de musiques métissées. Missill, en mix, c’est un mélange d’électro qui tabasse, de grosses basses hip-hop, de samba, de rythmes africains et, dernièrement, beaucoup de 8-bit, samples de vieux jeux vidéos. Mais attention ! Missill en concert, ça n’a pas grand-chose à voir avec Missill en mix. Celle qui peut jouer, en une heure, plus de quatre-vingt-dix morceaux, a, ici, proposé une version toute en images de son dernier opus, Kawaï. Une dizaine de morceaux, donc, pendant une heure d’une intensité rare.
Quand Missill arrive sur la scène de la Gaîté Lyrique (nouvelle salle parisienne, lieu sublime s’il en est), elle a des petits nœuds vichy roses dans les cheveux, une robe de de princesse à tutu déjantée, des tas de colliers et une étrange cape dure, à rayures roses qui lui donne un air de nonne super-héroïne. Elle se met tout de suite aux manettes d’une très étrange mais très amusante machine à gros boutons jaune, rouge, bleu et vert, comme une game boy géante, un Simon pour les adulte sur lequel l’artiste va appuyer pendant tout le show pour sortir des sons pré-enregistrés qu’elle s’amuse à distordre dans tous les sens. A ses côtés, l’on trouve ses musiciens, Emmanuel Trouve au clavier et Gaël Chausson a la batterie. Dés les premières notes, la Missill team montre qu’elle est sur la même longueur d’onde et tout le monde se donne à fond avec la même énergie communicative.
La grande nouveauté et l’exclusivité de ce show, ce sont les vidéos. Toutes entièrement créées par Missill elles-mêmes, elles collent parfaitement aux thèmes des chansons de l’album Kawaï, qui illustrent chacune un niveau du jeu vidéo imaginée par la DJette. L’on peut alors voir Sonic et Mario se taper la bourre en courant ensemble d’une plateforme à l’autre, de gros personnages avec la tête de Lénine (ou Staline) se faire dégommer et des tas de pixels de toutes les couleurs osciller aux rythmes de fous de cette musique génialement cathartique. Mais la belle n’est pas seule à crier et sauter dans tous les sens. Alors qu’elle chante ou prend une guitare-clavier sur certains morceaux, PM vient faire le MC avec sa grosse voix, Yarah Bravo sur vient chanter sur Fire, Aluna Frances sur Glitter et Kawaii, la japonaise Tigarah, vêtue d’un très beau costume de chef de fanfare, arrive sur Feel that bit et Francois Bonnet participe à Chuppa. Une grande fête coloré et galvanisante.
Adeline Lajoinie
Photo : Erwan Le Nagard - vacarm.net
Lajoinie Adeline
|