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Mogwaï : Saint-Malo, la Route du Rock 2006 ( Pias )
C'est pourtant bien connu depuis la sortie en 1984 du film Gremlins de Joe Dante : il ne faut jamais, au grand jamais (comme dirait Monsieur Manhattan), arroser un Mogwai. En ce premier jour de la 16ème édition de la Route de Rock, c'est plutôt le public qui s'arrose sans retenue... à la bière (chacun tenant cependant précieusement son verre afin de ne pas le faire tomber).
Et puisqu'il est question d'arrosage, le site où se déroulent les concerts en mériterait bien un car le terrain dégage des tonnes de poussière : un moyen comme un autre de donner une impression de fumigènes sans utiliser ceux qui sont sur scène.D'utilité générale, les bouchons auriculaires sont en outre particulièrement recommandés pour un concert de Mogwai. Grosse impression sonore, peu de choses à regarder : les prestations scéniques des Écossais s'écoutent et se vivent mais question image, « Circulez, y a rien à voir ! ». Ceci dit, est-ce le plus important ? Des envolées de guitare atmosphérique suivies de gros son à vous éclater les tympans : telle est la musique de ce groupe « bruitiste » par définition. Alors fermez les yeux et bouchez-vous les oreilles avec les mains (pas facile si l'on veut continuer à tenir sa bière). Sans consommer la moindre substance illicite, Mogwai entraîne les spectateurs dans un voyage post-rock, à travers des tonalités hallucinées, jusqu'à une chute brutale provoquée par la distorsion des guitares et la lourde mélodie de la basse.Alternant des morceaux extraits du dernier album (« Mr Beast ») et des compositions plus anciennes, la set-list du concert a su charmer un public qui est allé jusqu'à slamer sur « Glasgow Mega-Snake ». L'absence des titres « Auto Rock » et « Ex-Cowboy », grands oubliés du concerts, constitue le seul véritable bémol de la soirée que nous ont offert les Écossais.Reste à savoir (mais ceci est déjà une autre histoire...) combien de personnes, le lendemain, avaient la gueule de bois et les oreilles qui sifflaient.
Xavier Moretau
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