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Morrissey : Eurockéennes, samedi 1er juillet 2006 ( Pias )
De l'influence de la coupe du monde de football sur le concert de Morrissey ! Tout déprimé par l'élimination des anglais, le Moz nous offre un concert très mou du genou et oublie qu'il est dans un festival et non face à ses fans habituels... Dommage !
La dernière fois que Morrissey était venu chanter en France, c'était il y a quelques mois à l'Olympia. Nous avions eu droit à un concert habité, majestueux avec un Moz en pleine forme. Bien sûr, ses musicos avaient comme d'hab une grosse tendance à en faire un peu trop, mais l'incroyable voix de l'ex-chanteur des Smiths avaient mis tout le monde d'accord. Nous étions ressortis avec le sentiment que le retour en grâce de Morrissey après une petite dizaine d'années d'absence était bien un de ces petits miracles que le monde du rock nous offre de temps en temps. On se disait aussi, que quelques mois plus tard, nous aurions droit à un autre grand moment : Morrissey aux Eurockéennes. Ce n'est pas rien quand même.Aujourd'hui, il fait grand soleil, pas un nuage à l'horizon. La veille, Daft punk nous a offert un concert d'anthologie, la bière est fraîche, les Eurocks ont un petit goût de paradis terrestre. Et patatra, on avait presque oublié que c'était la coupe du monde de foot (surtout qu'il n'y a pas d'écrans géants pour retransmettre le match pour cause de droits à payer...) ! Et v'lan dans les dents, l'Angleterre perd contre le Portugal à cause des tirs aux buts. Devant une des millions de télévisions allumées à cette occasion à travers le monde, Morrissey regarde le match depuis son hôtel de Bales en Suisse. Résultats : notre chanteur arrive sur scène plus déprimé que jamais. Et quand il déprime, c'est terrible, tout le négatif ressort en vrac, les mauvaises ventes de disques en France et tout et tout... Il remercie aussi Dieu (vu l'événement qui vient de détruire l'Angleterre, on se demande pourquoi...) et Claude Brasseur d'être vivant (Ouhhh, c'est pas bon du tout ça...). Mais cela se ressent aussi sur le concert...Durant une petite heure, il faut bien l'avouer, on va s'emmerder ferme. Une set-list principalement composées de chansons des deux derniers albums. Ce n'est pas qu'elles soient mauvaises, c'est même plutôt bon. Mais les versions sont molles et l'on sent que le Moz et ses musiciens n'ont pas la tête à cela. Morrissey oublie aussi qu'il se trouve dans un festival et pas à un de ses concerts devant un parterre de fans prêts à tout pour repartir avec un morceaux de sa chemise. Alors où sont passés les monstrueux singles ? Les « November spawned a monster » ou « Suedehead » ? Bien sûr, nous avons droit à trois chansons des Smiths dont une version superbe de « Panic in London » d'actualité. Trois minutes de bonheur, pour une heure de show. C'est pas beaucoup quand même.Au fait, Morrissey sera en concert au festival Rock en Seine fin août. Espérons qu'il n'y aura pas un quelconque championnat de cricket ou autres...
Frédéric Fahy
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