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Muse : Théâtre du Châtelet, Septembre 2009
Ce mardi 8 septembre, le Théâtre de Châtelet était au moins autant "the place to be" que la chambre à coucher de Scarlett Johansson. Muse en concert privé, ça a de quoi faire saliver. Le groupe britannique joue désormais devant des dizaines de milliers de spectateurs, et envahira le Stade de France en juin 2010 après avoir fait déborder de plaisir Bercy en novembre de cette année. Alors les voir dans une salle à taille un peu plus humaine, dans un cadre super chouette, ça tient presque du rêve. Et pour beaucoup apparemment, ça relève même du pur fantasme !
Pour être sûrs d'avoir leurs places (l'événement est organisé par un célèbre média), les plus fervents font la queue depuis le petit matin. Une journée à passer sans boire, manger, faire pipi ou plus en perspective. Et quand on sait que ceux arrivés vers 18H ont finalement pu obtenir le précieux sésame, on se dit que les courageux matinaux vont pouvoir poster sur Vie de Merde... Mais le jeu en valait la chandelle. Le Théâtre de Châtelet, de style italien, est des plus classieux, mais pas vraiment apte à accueillir un concert de rock fort. Les sièges en bas sont vite délaissés par les fans, qui forment une mini-fosse devant la scène. Les balcons sont également pris d'assaut : tout le monde est debout, sous le regard effaré des placeuses, pas franchement habituées à un tel bordel. Quand les lumières s'éteignent et que Muse arrive, la salle bouillante devient un chaudron. Ca hurle de partout, et "Uprising", premier single de The Resistance, passe tranquillement l'épreuve du live. On est très vite rassurés derrière : c'est "Map Of The Problematique" et "Super Massive Black Hole" qui viennent. Il ne s'agit donc pas uniquement d'un concert promo, constitué uniquement de nouvelles chansons. En revanche, il sera consacré en priorité aux singles du groupe. Et il y en a un paquet !
C'est désormais une véritable fournaise, et la température va encore monter quand vrombit l'intro de "Hysteria". Comme un seul homme, la foule accompagne la poussée rythmique, et les balcons sont mis à rude épreuve, mais ils résistent pour l'instant... L'acoustique de la salle n'est étonnamment pas trop mauvaise, et le son plutôt correct permet d'apprécier à la fois la puissance du combo, mais aussi ses nuances. En fait le plus gênant, ce sont les fans...
"The Resistance", nouveau titre qui a tout du futur single, vient de se terminer, et Matthew Bellamy va s'installer au piano. Aussitôt les cris se déclenchent "Mattiouuuu ! Mattiouuu !". Des voix aigues percent de toute part, comme à un concert de Tokio Hotel ! Des petites culottes doivent être souillées, mais quelques caleçons aussi, puisque des voix masculines se font également entendre (ou alors Amélie Mauresmo était dans la salle). Du coup, on se retrouve comme au cinéma... ou au théâtre, avec une partie du public qui intime aux hystériques névrosées de bien vouloir la boucler, histoire d'apprécier ce qui se passe sur scène. Surtout que ça vaut son pesant de pistaches, Bellamy lâchant l'intro de "New Born". Le morceau à peine reconnu, c'est la liesse. Tout le monde saute quand claque le riff surpuissant de l'excellent morceau tiré de Origin Of Symmetry.
L'excitation est totale sur les anciennes chansons, et ce même sur un "Cave" (seul titre de Showbiz, le premier album, interprété ce soir) revisité version jazzy. Le soufflet retombe un peu sur la poppy "Undisclosed Desires", qui ressemble également à un futur single, et sur la très jolie "United States Of Eurasia". Muse souffle le chaud et le froid, à l'image de ce délire sur le riff du hit "Pop Corn". Tout le monde se marre au début et tape dans ses mains, mais se lasse durant les quelques minutes que durent la blague. En revanche quand en fin de morceau Bellamy lance des jams presque metal pour faire jumper les foules, les balcons sont à nouveau mis à l'épreuve. Les singles "Starlight" ( mélodiquement efficace mais pas franchement le plus pertinent dans la discographie du groupe) ou le clinquant "Time is Running Out" viennent redonner un gros coup de boost après ces petites parenthèses, mais cela n'est absolument rien par rapport à la fin de set dantesque qui nous attend.
Le bouquet final est amorcé avec la nouvelle "Unatural Selection". Comme un héros des temps modernes, Bellamy en lâche l'intro dans la lumière, perché sur un retour, avant d'envoyer la purée, à grand coup de riff dévastateur. L'adhésion du public est immédiate, et la section rythmique continue comme depuis le début de dérouler, bien en place. Le virtuose, lui, envoie ses lignes de chant en même tant que ses riffs sans sourciller, avec même un pré-refrain qui ferait presque penser à du System Of A Down. Le morceau est appelé à devenir un futur classique en concert, de la même manière que "Stockholm Syndrome"... qui vient juste derrière ! C'est une véritable démonstration de puissance et de maîtrise à laquelle on assiste, tout semble tellement facile que l'on est surpris de voir que c'est déjà l'heure du rappel.
Et sans surprise, pour le rappel, c'est du très lourd. Comme avant chaque morceau Bellamy essuie les cris de son armée de groupies tout en s'amusant à la guitare, avant de lâcher l'intro qui fera que le morceau sera reconnu et que le public pétera les plombs. Le voici super détendu (même un peu trop ?), jambes croisées, pose tranquille, pour lâcher le riff pyramidal de "Plug In Baby". Et là, c'est l'explosion. Mais pas la dernière. Un classique d'Ennion Morricone, le grand maître des bandes originales de western, retentit, accompagné du bassiste Chris Wolstenholme à l'harmonica. Bellamy revient sur scène, avec une démarche de cow boy. Ambiance règlement de compte à Ok Coral. Il ne va pas dégainer son six-coups, mais sa six-cordes, pour atteindre sa cible avec "Knights Of Cydonia", et son fameux riff type "mouche qui pète" repris en choeur par une foule en délire, complètement rincée après 1H30 de concert, mais qui repart toutes dents dehors à force de sourire. Muse aura fait ce soir un paquet d'heureux, qui vont pouvoir se rappeler de ce moment en pensant "putain, j'y étais !".
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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